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Un important dispositif de la gendarmerie composé de deux véhicules de l’escadron de surveillance de Touba et de la brigade de Diourbel avait quadrillé très tôt le matin la municipalité de Ndindy où la session ordinaire pour le vote du budget a été convoquée. Le député-maire entouré de nervis avait cru devoir interdire à la presse d’entrer dans la salle de peur que ses cafards soient révélés au grand jour.

Le maire de la commune de Ndindy a joint l’acte à la parole.  Il a avec la complicité manifeste du sous-préfet, imposé le vote du budget à huis clos. Le sous-préfet Ababacar Sall a cru même devoir se justifier en demandant au commandant de brigade de dire aux journalistes : «Ce n’est pas  moi qui ai interdit aux journalistes d’accéder à la salle. C’est le maire» Ils n’étaient pas les seuls à ne pas accéder à la salle de délibérations de l’hôtel de ville de Ndindy. Les populations ont aussi été privées de ce droit élémentaire encadré par la loi portant Code général des collectivités territoriales que lui-même Cheikh Seck, député à l’assemblée, a voté.
Dès que la date de cette session ordinaire a été rendue publique, Cheikh Seck a cru devoir envoyer des correspondances aux rédactions pour dire que lui n’avait pas invité les organes de presse à couvrir l’événement. Il a oublié du coup qu’une session municipale est ouverte au public, à moins que la majorité en décide. Mais, hier, ce n’était pas la majorité, mais plutôt Cheikh Seck. Avant même l’appel nominatif des conseillers, il avait demandé aux gendarmes de vider de la salle ceux qui n’étaient pas conseillers municipaux. Il a ensuite remis aux gendarmes la liste des conseillers municipaux et posté devant la porte de la mairie, le secrétaire municipal. A ce dernier de faire passer les conseillers municipaux dans la salle. A la suite de cela, la session pouvait démarrer. Mais là aussi, blocage, parce qu’une partie des conseillers municipaux a demandé à être édifiée sur les raisons du huis clos. Pendant presque 30 minutes, aucun consensus n’a été trouvé. Après que les conseillers ont passé l’éponge ; il fallait que le maire réponde à certaines interrogations relatives au marché d’adduction d’eau de 7 millions, des fournitures scolaires de 5 millions, des tables-bancs qu’il aurait détournés.
Les conseillers comme Ousmane Diop de l’Alliance pour la république et Meissa Niang du Parti socialiste, demanderont aussi la présentation des comptes administratifs et de gestion des années antérieures. Ils ont même selon une source présente dans la salle, fustigé la démarche du maire qui a «remis via ses services, le même jour, les comptes administratifs et de gestion» Devant ces questions sans réponse, le maire demandera au commandant de la brigade de Diourbel que Ousmane Diop et Meissa Niang soient évacués de la salle. Ce qui sera fait. Ils seront rejoints ensuite par 12 autres conseillers. Après leur sortie, le sous-préfet Ababacar Sall jouera aux sapeurs-pompiers pour essayer de les convaincre de rejoindre la salle. Mais c’était peine perdue.
Avec les 25 conseillers municipaux qui étaient restés dans la salle sur les 39 qui avaient pris part à la session, Cheikh Seck pouvait poursuivre en toute tranquillité le vote du budget. Dehors, une partie de la population s’interrogeait encore sur l’attitude du député-maire qui,  à l’heure de la reddition des comptes, refuse le débat public. Certains demandent au chef de l’Etat d’envoyer les corps de contrôle à Ndindy ou bien de placer cette commune sous délégation spéciale.
badiallo@lequotidien.sn

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