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Les députés de Benno bokk yaakaar ne vont plus écouter Ousmane Sonko si ce dernier continue à manifester son «manque de respect à l’Assemblée nationale, aux députés et aux institutions du pays».

«La parole est à notre collègue, Ousmane Sonko.» Dès que ces paroles du président de l’Assemblée nationale ont retenti dans la salle plénière de l’Assemblée nationale, les députés Benno bokk yaakaar, comme un seul homme, ont quitté illico la salle. Devant le pupitre, Ousmane Sonko ne s’est privé de railleries envers les députés déserteurs. «On me facilite la tâche, car je ne suis pas venu à l’Assemblée pour m’adresser à une majorité mécanique. L’air est moins polluant quand nous avons une salle dépouillée de cette majorité qui ne comprend rien des enjeux», a-t-il ironisé sous les applaudissements des députés de l’opposition.

Debout à 2 mètres du ministre des Finances et du budget, le patron de Pastef a jugé «fallacieuses» les justifications du gouvernement dans le projet de Lfr. «En réalité, vous avez perdu le crédit et la confiance des bailleurs à cause de 2 choses. D’abord, il y a l’endettement chronique. En 2012, on était à 2 741 milliards d’endettement, soit 40% du Pib ; aujourd’hui, vous avez dépassé 6 000 milliards, soit 60% du Pib. A cela, s’ajoutent des performances économiques surfaites et les mauvais choix d’investissement», a dénoncé le leader de Pastef.

Sonko déplore une «politisation extrême» de l’administration où on «encourage la tortuosité et la contreperformance». «Une administration fiscale qui enchaine 2 à 3 ans de gap financier de plus de 100 milliards et on fait une promotion à son directeur (Cheikh Ba) en lui confiant la Caisse des dépôts et consignations après le frère de l’autre», regrette-t-il. Ousmane Sonko voit aussi un «copinage fiscal», car dit-il «ceux qui doivent payer ne paient jamais». D’après lui, les Sénégalais vont souffrir à cause de «l’incompétence, le manque de «l’incompétence, le manque de vision et l’absence patriotisme des dirigeants actuels».

Revenus à la fin de l’intervention de Sonko, Aymérou Gningue et ses collègues ont justifié leur attitude «symbolique». «C’est un député qui n’a aucun respect, une attitude de dédain
par rapport à l’institution parlementaire, à l’égard de ses collègues et des institutions de ce pays. Il nous a traités de petits députés sur l’affaire des 94 milliards. Depuis le début de la session, il est absent. Tant qu’il ne changera pas, nous ne l’écouterons plus», a motivé le président du groupe parlementaire Benno bokk yaakaar.

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