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Le nouveau Code de la  presse a été adopté à l’unanimité hier, par les députés. Les parlementaires ont insisté sur l’application de la loi une fois qu’elle est promulguée par le chef de l’Etat.

Enfin ! Le projet  de loi portant Code de la presse a été voté à l’unanimité hier, par l’Assemblée nationale. A la suite des débats, plusieurs amendements ont été apportés au texte initial. Dans le texte de départ, il était dit, est journaliste «toute personne titulaire d’un diplôme de licence ou équivalent, suivi d’une pratique professionnelle de 4 ans sanctionnée par une commission de validation des acquis de l’expérience». Mais désormais, au lieu de 4 ans, il suffit juste d’avoir 2 ans d’expérience dans le métier. Cette catégorie de la corporation de même que les sortants des écoles de formation en journalisme sont tous obligés de passer devant la commission de validation des acquis de l’expérience pour avoir la carte professionnelle.

Passage obligatoire des non-diplômés devant la Commis­sion de validation
Qu’en est-il de ceux-là qui pratiquent le métier pendant des années sans diplôme académique ? «Il n’y a pas 10 ans, 20 ans ou 30 ans. Si je veux avoir la carte nationale de presse, il n’y a pas de nom, il n’y a pas de réputation, je passe devant la commission comme tout autre journaliste comme le correspondant qui est un instituteur qui a fait 11 ans dans un organe», éclaire Yakham Mbaye, secrétaire d’Etat à la Communication. Et de poursuivre : «Et c’est la même commission qui remplit deux rôles : c’est la commission qui donne les cartes et en même temps c’est la commission de validation des acquis de l’expérience.»
Sur la liste des pièces à fournir pour l’obtention de la Cnp, figurait le certificat de bonne vie et mœurs mais après amendement, le casier judiciaire est exigé à la place.
Au-delà du statut du journaliste, le nouveau Code de la presse réserve des sanctions. Ils sont au total 40 articles qui parlent des sanctions pénales et administratives. A part ces sanctions, les hommes de média doivent avoir également d’autres soucis à se faire.  Pour ce qu’on appelle le secret-défense, le secret de l’enquête et de l’instruction.  Qui­con­que «viole ces dispositions tombera sous le coup de la loi», avertit Yakham Mbaye.
Interpellé sur les contenus des programmes des chaînes de télévision, l’ancien directeur de publication du journal Libéra­tion a assuré aux députés qu’«il y a énormément de dispositions contraignantes qui obligent au respect des cahiers des charges, de nos valeurs».
Sur la manière de faire la revue de presse décriée par bon nombre de professionnels du secteur, le secrétaire d’Etat chargé de la Communication a apporté une réponse aux inquiétudes des parlementaires. «C’est réglé par le code. Parce que le code fait la différence entre l’animateur et le journaliste. Et l’article 37 dit que : ‘’Les animateurs, les agents de programme ne peuvent pas faire du journalisme’’»,  dit-il.

Sanctions : «les fournisseurs d’accès aussi responsables que les journalistes»
Dans leur prise de parole, les députés ont presque tour à tour dénoncé les dérives des forums sur le net. «Les fournisseurs d’accès Sonatel, Expresso, Tigo sont aussi responsables dans le cadre des sanctions au même titre que les journalistes dans les commentaires», prévient le ministre de la Culture et de la communication. Après avoir soutenu que «le code dans certaines de ses dispositions sera applicable immédiatement après la promulgation», Mba­gnick Ndiaye a  informé que l’Aide à la presse va disparaître complètement. Il n’y en aura pas en 2018, dit-il. Elle sera remplacée  par le Fonds d’appui au développement de la presse.
Autre changement apporté par ce nouveau code, il s’agit de l’Autorité de régulation de l’audiovisuel qui sera substituée au Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra).
Pour ce qui est de la convention collective non révisée depuis plus d’une décennie, Yakham Mbaye a déclaré que «sur le traitement des journalistes, le Sénégal accuse un retard presque de plus d’un quart de siècle. Parce que  la dernière convention collective remonte à 1993 et le blocage est relatif au patronat de presse dans le processus en cours».
Cette étape franchie, les députés de la 12ème Législature ont insisté sur l’application stricte de la loi après la promulgation de ce nouveau Code de la presse.
msakine@lequotidien.sn

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