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Me Wade est rentré hier à Dakar. C’est son 3ème retour, après 1999 et 2014. S’il a été accueilli par une liesse populaire, il devra cependant faire face à un Pds peu disposé à respecter sa consigne contre une… cosigne de vote.

23 octobre 1999
C’est un «Pape du Sopi» qui était accueilli par une foule en liesse, nostalgique du tribun et populaire, espoir (enfin !) d’une première alternance politique. Ce, dans un contexte où Abdou Diouf, 20 ans au fauteuil, était frappé par ce qu’on appelle l’usure du pouvoir. Il avait fallu pour les opposants, notamment de la gauche, transcender les ego pour aller chercher «l’opposant naturel» pour s’imposer devant un régime socialiste affaibli par les départs de Djibo Ka et Moustapha Niasse. Et ce n’est pour rien que Me Wade rappelle aujourd’hui lui-même dans sa déclaration de Versailles, mardi dernier, «ce combat pour les libertés et la démocratie» qu’il a mené avec l’opposition de l’époque et aussi avec «la participation de leaders déterminés et engagés à l’image de Amath Dansokho (Pit), Abdoulaye Bathily (Ld/Mpt), Landing Savané (Aj/Pads) et d’autres». Le retour était triomphal et il en avait récolté les fruits en battant Diouf au second tour.

23 avril 2014
Il rejoint Paris quelques mois après sa défaite le 25 mars 2012. Il laisse des dignitaires de son régime ciblés par la traque des biens mal acquis. Une machine judiciaire qui met en première ligne Karim qui doit répondre devant la Cour de répression de l’enrichissement illicite. Deux ans durant, Wade observe le silence, mais l’odeur d’une condamnation du fils ne l’inquiète. Mais surtout les Locales de juin 2014 se pointent et son parti est menacé. Le 23 avril de la même année, il annonce son retour à coup de grand pub. Le contexte n’était si favorable pour le régime qui, de son côté, met des bâtons dans les roues du jet qui devait le conduire à Dakar. Pendant 48 heures, ça tergiverse entre l’équipe de Wade et l’Anacim sur son atterrissage. Il mène une campagne avant l’heure, comme il l’a fait avec sa fameuse vidéo. Une bataille médiatique d’abord avec des entretiens dans la presse occidentale. Une marche bleue s’ébranlera de l’aéroport Léopold Sédar Senghor à la permanence du Pds avec un accueil de «génie mobilisateur». Mais en ce moment-là, il avait encore le soutien de Pape Diop qui a rejoint Idy ou encore d’un certain Cheikh Ahmadou Kara Mbacké qui «vote» Macky Sall.
hamath@lequotidien.sn

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