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Abdoulaye Diouf Sarr, ministre de la Santé

Nos pensées les plus pieuses et les plus solidaires à nos chers concitoyens et compatriotes très éprouvés ces temps-ci par des difficultés de toutes sortes.
A ces illustres personnes disparues récemment, à ces autres dignes fils du pays, dans l’anonymat et méconnus qu’ils soient, nos prières de grâce et de miséricorde d’Allah soubhanahou wa tahala.
Cependant, compte tenu de l’évolution de la situation, nous redoutons fort de grandes incertitudes qui s’annoncent de manière imminente. Des choses à l’horizon. Elles peuvent être si éprouvantes, elles peuvent aussi nous être très bénéfiques. En tout cas, elles seront ce que nous en ferons.
Cela convoque quelque part en moi ce slogan de campagne de Monsieur Gadio qui m’a interpellé parmi tant d’autres aussi évocateurs et contemporains : «Libérons les énergies».
Nous connaissons tous nos Maux, et par les Mots nous les dénonçons toujours. Hélas, le «comment» du début de solution ne saurait être unilatéral et solitaire. L’ensemble des acteurs que nous sommes posent toujours bien le débat quant aux différentes problématiques que nous traversons quotidiennement. Que ce soit le camp du pouvoir, de l’opposition comme celui la société civile, les préoccupations demeurent les mêmes, le leitmotiv est le même… Quel mode de gouvernance idéal, politique, économique et social pour développer le Sénégal, et rendre le cadre et les conditions de vie assez conséquents pour le bien-être et l’épanouissement des Peuples ?
En toute sincérité, notre réponse ne saurait être ni radicale ni définitive. Ce serait même manquer d’humilité et être en même temps prétentieux. Au diapason des bonnes idées débitées tous les jours par différentes élites de réflexions et d’actions dont regorge ce pays et à tous les niveaux, notre avis ne compterait que pour notre groupe social et nos réalités non absolues, parmi tant d’autres d’ailleurs. Elles peuvent être bonnes comme mauvaises, parlant de ces idées. Et cela est valable pour tout le monde. Tant qu’elles ne sont pas encore éprouvées, on en saura jamais ni les bénéfices ni les limites face à la géopolitique, la realpolitik et le contexte socioéconomique local et mondial.
Par contre, ce que je puis avancer sans doute, c’est que cela se fera dans une dynamique systémique. Comprenez une démarche inclusive et participative des grands groupes communautaires. De nouvelles orientations discutées et concertées par les acteurs concernés. Des concessions très fortes de part et d’autre.
Un consensus très fort axé sur de nouveaux modèles et paradigmes de gouvernance «sobre et vertueuse» et la promotion courageuse et assumée du patriotisme économique… Libérez les énergies patriotiques de ce pays pour en faire une seule communauté !
Ce que je puis avancer sans doute, c’est que le Sénégal regorge d’élites assez bien formées, d’une jeunesse forte, saine et apte (machala), de leaders à la tête bien faite, de citoyennes et citoyens fiers et patriotiques qui aiment profondément leur pays.
Aie Aie Aie… le Capitanat !
Non ! Je ne parle pas du capitaine pour ceux qui pensent au président de la République. Je dis bien le capitanat, ces hommes qui sortent du lot de l’émotion, de la «partisanerie» et surtout de la complaisance. Ces hommes de mission avisés à l’avance des enjeux si déterminants de notre avenir. Ils sont dans les communautés religieuses, au pouvoir, dans l’opposition, les groupements de femmes, dans la société civile, dans les forces travaillistes, ils sont anonymes. C’est une communauté dispersée physiquement, mais unie par un idéal du Sénégal du renouveau. Ils doivent se chercher, se retrouver, s’unir, se solidariser autour de consensus forts de reconstruction de ce pays. Ils font fi de postes de responsabilité, de prestiges, de dividendes, de camps politiques ou religieux, de familles ethniques, de classes ou catégories sociales etc. C’est un groupe multi acteurs, multicolore, impartial qui, selon nous, doit se réunir sous l’arbre à palabres (pencum askan wi) pour deviser sérieusement, sincèrement et avec responsabilité du devenir du Sénégal.
Un Sénégal où la violence dans tous ses états a atteint des proportions inimaginables. Un Sénégal où la dépravation s’impose comme mode de vie sans appel. Un Sénégal où la mal gouvernance et les scandales de gestion sont la normalité alors que le Peuple vit dans une précarité absolue. Un Sénégal où la vérité est toujours partisane. Un Sénégal où la défaite se fête honorablement, dignement et fièrement comme un sacre continental ou mondial par une population dans l’euphorie de l’échec. C’est un Sénégal où en réalité les personnes conscientes et avisées doivent avoir peur et se retrousser les manches.
Et pourtant, cette pandémie et ses conséquences désastreuses, tant sur le plan humain que social, sans parler de l’aspect économique, pouvait bien constituer un tournant décisif dans la reconstruction du pays. Tout en reconnaissant tous les efforts consentis par le président de la République Monsieur Macky Sall, il faut par ailleurs admettre beaucoup de manquements dans la démarche et l’approche. De l’entame de la gestion de cette crise à nos jours, nombre de récriminations de la part des observateurs se sont avérées. Nul ne peut contester les résultats négatifs sur les choix politiques du Président et ses équipes, de même que le manque de transparence dans la gouvernance de la riposte.
En sus, au compte du président de la République ainsi que celui de l’opposition et de la société civile, nous trouvons incompréhensible qu’ils ne se soient pas retrouvés dans un cadre de gestion pour une gouvernance concertée, transparente et conséquente de la riposte à la pandémie. Et pourtant, sur des questions de moindre importance vitale, économique, sanitaire et sociale (dialogue national, dialogue politique, fichier électoral), ils sont tous partants
Aujourd’hui, certes il n’est pas l’heure aux «je le savais, il fallait faire ceci ou cela, ils sont incapables…». Sans faire de leçons à qui que ce soit, nous pensons humblement que nous avons besoin de partir de tous ces manquements pour des actes forts, pour anticiper et réduire les impacts de cette crise qui s’annonce grave et qui risque de bouleverser ce pays.
Comment corriger la donne et favoriser l’implication des franges dans une réelle solidarité nationale de survie ? Comment créer une synergie de toutes ces «Energies» intellectuelles et physiques, pour converger vers des objectifs communs de stabilité sociale ?
Comment anticiper sur la survenue de crises politiques, économiques et sociales qui risqueraient de mettre sérieusement à l’épreuve la stabilité du pays ?
Entre autres sujets, telles sont les interrogations que nous partagerons avec vous inchalla.
Précisément, la question d’une troisième candidature du Président Macky Sall, les fonds sociaux du président de la République, la suppression de certaines institutions, la reconsidération de certains traitements salariaux élevés dans un contexte de Covid-19, l’économie solidaire et le secteur agro-pastoral, l’implication des jeunes dans la riposte communautaire et économique, la mise en place d’un cadre hybride de gouvernance et de gestion de la crise, dans sa dimension politique, économique et sociale.
Ainsi, sous notre direction, la Commission orientations et stratégies Cos/M23 ira à la rencontre de tous les acteurs à sa portée pour consultations et partages. Nous irons à la rencontre des leaders de l’opposition, de la société civile, communautaires et religieux pour solliciter leurs avis et leurs recommandations, afin d’avoir un document d’orientations stratégiques qui sera remis à Monsieur Macky Sall, président de la République.
Par ailleurs, nous vous informons que cette démarche s’inscrit strictement dans le sillage d’une action purement cito­yenne et patriotique. Qu’elle n’a aucune connotation politicienne. Qu’elle ne parle ni de gouvernement élargi ni de gouvernement d’union nationale.
Nous rappelons à l’opinion que nous, Abdourahmane Sow, président de la Commission orientations et stratégies Cos/M23, ne sommes éligible à aucune bonne volonté pour quelque responsabilité nominative que ce soit. Et cela est autant valable pour ce régime-ci que pour ceux qui lui succéderont si nous en serons témoin inchalla. Que notre choix dans notre démarche n’est motivé que par le souci et la conviction de servir au mieux notre Nation et ses communautés fi Sabilillah wa barakati rassoulillah Seydina Mouhamad wa salim.
Que la Commission orientations et stratégies Cos/M23 est une organisation sentinelle de la société civile, qui a le devoir et l’obligation de s’activer et de s’impliquer avec les Peuples et sans complaisance à la construction d’un Sénégal fort par une Nation forte.
Très prochainement, nous aviserons nos concitoyennes et nos concitoyens des détails de ce projet, de manière plus claire et plus explicite. Aujourd’hui plus que jamais, nos hommages et nos prières à toutes et à tous.
Que Dieu nous garde dans la paix !
L’Essentiel le Sénégal !
Abdourahmane SOW
Président Commission Orientations et Stratégies Cos/M23

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