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Le mouvement Y’en a marre s’oppose à l’initiative de l’ancien président de la République, Abdoulaye Wade, qui appelle l’opposition à saboter la Présidentielle du 24 février prochain.

Que Abdoulaye Wade ne compte surtout pas sur le mouvement Y’en a marre pour mettre à exécution sa menace de perturber l’avant et l’après-Présidentielle. Fadel Barro et Cie affirment qu’ils ne participeront pas à «tout processus ou dans toute entreprise visant à empêcher l’électeur à aller s’exprimer». Hier, au cours d’une conférence de presse tenue dans leur quartier général aux Parcelles Assainies, ils ont soutenu qu’un boycott profiterait au Président sortant, Macky Sall. D’ailleurs, le rappeur Simon a des soupçons par rapport à la démarche du Pape du Sopi sans le dire nettement. «Quiconque appelle au sabotage, quiconque demande aux Sénégalais de ne pas aller voter est un allié de Macky Sall», peste-t-il. Mais la conviction de Fadel Barro est que l’ancien président de la République, au bout du compte ne boycottera pas, car «le boycott n’ébranle pas Macky Sall» qui était en 2007, directeur de campagne de ce même Wade et à l’époque, l’opposition avait tourné le dos à la compétition électorale.
Face aux journalistes, le coordonnateur du mouvement a rappelé qu’en 2017, lors du référendum, Y’en a marre s’était braqué contre un boycott que le Pds et certains alliés avaient soulevé. Donc, poursuit-il, Y’en a marre «fidèle à son choix républicain et d’être un mouvement non violent avait décidé d’aller voter et d’appeler les Sénégalais à voter massivement. Donc aujourd’hui encore, que la même question se pose à la veille du scrutin, Y’en a marre ne peut pas déroger à son principe. Nous pensons qu’il faut aller à l’élection présidentielle». Toutefois, le journaliste estime que «nous respectons beaucoup le rôle que Abdoulaye Wade a joué dans la démocratie sénégalaise. C’est vrai, nous faisons partie des gens qui l’ont combattu en 2012, non pas parce que sa personne ou son parti qui nous intéressait. Mais c’est parce qu’à l’époque, nous combattions un troisième mandat et que nous voulions préserver la démocratie sénégalaise. Mais Y’en a marre reste fidèle à ses principes». Et d’ajouter : «Nous estimons que c’est par les élections que les Sénégalais ont fait le changement en 2000, en 2012, s’il doit y avoir un changement en 2019, ça se passera aussi par les élections.»
Alors aux yeux de son camarade Malal Talla, dit Fou Malade, l’élection du 24 février est cruciale pour plusieurs raisons. Il dit : «L’élection de cette année nous offre la possibilité de célébrer la démocratie. Parce que plusieurs fois cette démocratie a été agressée. On a vu combien de fois la Constitution a été évoquée pour faire passer des lois. On a vu combien de fois des marches ont été interdites.»
Par ailleurs, le mouvement informe que les 4 candidats qui font face à Macky Sall ont répondu favorablement au programme «wallu askan wi», la part du Peuple. Il s’agit d’un concept pour un face à face entre les candidats et les électeurs, prévu le 21 février. Selon eux, le Président sortant n’a pas refusé mais il n’a pas encore réagi à cette initiative.
msakine@lequotidien.sn

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