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Le rassemblement sent une révolte. Un mal-être que les élèves de l’école publique traînent depuis plusieurs mois. A Yoff, hier les élèves de l’unique lycée de la commune se sont mobilisés pour réclamer la reprise des cours. Le mouvement a débuté vers 10h. Dans cette établissement, jadis un Cem transformé en lycée en 2015, le chef de file du rassemblement, Abdou Paye, mène ses troupes. Après la mobilisation de centaines de potaches, la foule investit les écoles privées. Direction le Cours privé Seydina Mandione Laye. Face à la pression, les responsables de cette école se résolvent à arrêter les cours. «Les profs font la grève chez nous et dispensent des cours dans ces écoles», se fâche Moustapha, élève en classe de 4ème. Dehors, la foule se massifie et n’aura pas de difficultés à faire arrêter les apprentissages dans les écoles Mame Abdou Dabakh et Ababacar Laye.
On est à quelques encablures de la mairie de Yoff. Scandant «Nous voulons étudier !», l’heure est de porter les doléances au maire Abdoulaye Diouf Sarr. Un magma humain essaime à l’entrée de la mairie puis de la sous-préfecture des Almadies.
Sur l’autoroute, la circulation en a souffert. Des embouteillages monstres voient le jour. La police veille au grain mais n’use pas de grenades lacrymogènes. Leur approche fut les conciliabules pour convaincre les manifestants. Conséquences : De 12h à 14h, les automobilistes vivent un calvaire. «Les épreuves de philosophie sont prévues dans un peu plus d’un mois. On n’a rien fait. Le jour du Bac, on n’acceptera pas d’être là uniquement pour remuer des stylos. Dans ce conflit entre l’Etat et les enseignants, c’est nous qui payons les pots cassés. Nous refusons que notre avenir soit hypothéqué par des enseignants sans valeur et un Etat défaillant», crache Abdou Paye, élève de terminale au Lycée de Yoff, adulé par les écoliers.
Le maire Abdoulaye Diouf Sarr, absent, le premier adjoint Abdou Naar Mbengue comprend le geste des élèves. «Les enseignants doivent savoir que ce sont nos enfant qui sont là. Rester 3 mois sans étudier est une crise dans le secteur éducatif. Il y a des pourparlers, les enseignants doivent prendre l’existant et essayer de demander au fur et à mesure. On doit sauver cette année sinon ce sera une catastrophe pour le Sénégal», fait-il savoir exhortant les élèves s’armer de patience.
En attendant, les élèves du Lycée de Yoff comptent remettre ça ce matin.
bgdiop@lequotidien.sn

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