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«La seule barrière des filles en politique est psychologique.» Cette phrase, Yoro Dia l’a répétée plusieurs de fois en appréciant la participation politique des jeunes filles au Sénégal. Le journaliste-politologue la trouve encore très timide et pense tout simplement que les filles qui s’adonnent à la politique manquent encore de beaucoup cran. Les filles se cantonnent souvent à la mobilisation, à danser, à applaudir dans les rassemblements politiques alors qu’il n’existe aucune disposition légale qui les y oblige. Ce comportement pousse les Sénégalais les plus téméraires à les taxer d’avoir des possibilités limitées. Un point de vue que rejette le journaliste. Pour lui, le débat intellectuel ne se pose pas, vu que les jeunes femmes qui sont dans les partis ont fait les mêmes études, du préscolaire au secondaire, fréquentent les mêmes universités que les hommes où elles sont soumises aux mêmes examens et tests. «Il n’y a jamais eu de Baccalauréat, ni de Licence ni de Maîtrise pour les femmes. Autre­ment dit, leur cerveau fonctionne normalement», convainc Yoro Dia.
Très en verve dans la salle de conférence de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (Cnes), le journaliste, tout souriant, regrette que même instruites, les jeunes femmes acceptent la domination des hommes dans le champ politique alors qu’elles auraient pu s’affranchir pour demander les mêmes responsabilités que les hommes. «Elles intériorisent la domination. Et la pire des dominations, c’est quand on l’intériorise soi-même. C’est quand on s’impose l’autocensure en disant : ‘’non ça, je ne peux pas me le permettre’’».
Leur combat, les filles le mènent entre elles au sein des structures qui leur sont exclusivement dédiées, en l’occurrence les mouvements de jeunesse féminine que les partis politiques surtout les plus vieux ne négligent jamais.
En dehors de Pastef/Les patriotes, les partis les plus en vue aujourd’hui ont une coordination des jeunes filles, bien différente de celle des jeunes dont elles sont pourtant membres. N’est-ce pas là une manière pour les hommes de les cantonner à la mobilisation et à l’animation ? L’analyste politique ne trouve aucune pertinence dans cette façon de faire. Pour Yoro Dia, il s’agit là d’une astuce purement esthétique pour montrer qu’on est un parti moderne. «Dans l’absolu, il ne faut même pas créer une commission féminine. Les jeunes femmes n’ont qu’à se battre au niveau de la commission des jeunes.»

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