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S’il y a un débat qui aujourd’hui, est posé à dessein pour éviter les véritables questions que se posent les Sénégalais c’est, de l’avis Yoro Dia, celui relatif au 3ème mandat du Président Macky Sall.

Pour le journaliste et analyste politique, Yoro Dia, il est prématuré aujourd’hui de parler de 3ème mandat pour le Président Macky Sall. Et pour cause ! «Macky Sall a un mandat et il n’est pas encore sûr d’avoir un second mandat», justifie-t-il. Et cela est loin d’être, poursuit-il, un problème constitutionnel, un problème de droit ; mais plutôt un problème de langage. «Quand on dit que nul ne peut faire plus d’un mandat consécutif, cela est clair comme l’eau de roche ; cela est un problème de français», a martelé M. Dia. Il estime donc, que ce débat, qui n’a pas sa raison d’être, est entretenu par les rentiers de la tension. Un débat qu’il assimile en outre à une arme de distraction massive. Et par rapport à cela, le politologue estime que les Sénégalais doivent savoir qu’un pays a des traditions démocratiques, qu’il a une histoire politique. «Et l’histoire politique récente du Sénégal a montré comment les Sénégalais ont traité la question du 3ème mandat de Wade. Maintenant, si Macky Sall veut emprunter le même chemin tortueux que Wade, les Sénégalais referont la même chose.»
Pour ce politologue, la préoccupation fondamentale des Sénégalais n’est pas de se poser des questions d’un éventuel 3ème mandat. Et faisant la corrélation entre ce débat sur le 3ème mandat et la démocratie qu’il définit comme une compétition des réponses que les citoyens se posent, le président de l’Association des anciens étudiants sénégalais de l’Ecole normale supérieure de France (Asena) s’est voulu par ailleurs formel. «Les politiciens s’agrippent sur des débats sur le Code électoral, sur les institutions, en évitant les véritables questions.» Pour lui, les véritables questions aujourd’hui, c’est comment gagner par exemple, la paix en Casamance, après que l’Armée a gagné la guerre. «On a aujourd’hui une longue accalmie qui dure depuis 2012, et il nous faut réfléchir pour sortir définitivement de cette guerre pour reconstruire la Casamance, pour que le pole territoire Casamance satellise toute cette région, de la Guinée-Bissau à la Gambie ; ce qui serait la meilleure intégration sous régionale», indique-t-il.
Yoro Dia se désole de ce que les hommes politiques, pour éviter les débats complexes, se focalisent souvent, sur la question des institutions, de la partition des règles du jeu. «Les gens ne se rendent pas compte qu’au Sénégal, les règles du jeu démocratiques sont établies depuis plus de deux siècles. On ne peut donc pas, après deux siècles de pratiques démocratiques, parler encore de règles du jeu», soutient-il. Ce qui lui a donné l’occasion de plaider pour le règlement définitif de ces questions institutionnelles. Ce qui permettrait enfin, selon lui, de juger les hommes politiques, sur des compétences comme l’économie, la sécurité nationale, l’éducation, l’enseignement supérieur et non plus sur la participation par rapport aux règles du jeu.
imane@lequotidien.sn

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