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Rarement, la fierté n’a été un sentiment aussi partagée par une confrérie religieuse -la tijaniya sénégalaise, capitale Tivaouane la sainte au cœur de ce Cayor au passé païen, dont les héros tant chantés par les griots ont mené des batailles  épiques et sanglantes contre l’impitoyable envahisseur colonial- et ses racines émanent d’un  érudit algérien adopté par le Maroc : Cheikh Ahmeth Tijane Chérif Aboul Abassi, descendant direct du prophète Mohammed (Psl). De Cheikh Oumar Al Foutiyou Tall disparu dans les falaises de Bandiagara, le conquérant pulaar, le fameux wird, célébré tous les vendredis, par des millions fidèles entourant dans des mosquées bondées des draps blancs immaculés (malanou wazifa), égrenant leurs chapelets et criant à haute voix  «le salatoul fatiha» et le «Jawartoul kamal». Ce drap blanc-là est le réceptacle des «anges» satisfaits de cette piété non feinte, selon la doctrine incontestée ;  ce wird, disons-nous, est passé entre plusieurs mains d’érudits, mais sa splendeur spirituelle a éclos chez Maodo, le savant discret et l’intellectuel organique. Donc, le legs spirituel et l’engagement citoyen ont, chez les Sy de Tivaoune,  traversé les décennies et leur revivification permanente a été démontrée avec un brio exceptionnel par les deux grands guides vivants devant une forte assistance ébahie et des autorités attentives : Serigne Pape Malick Sy, le cadet de Serigne Babacar Sy, le calife suprême et Serigne Mbaye Sy, (jamais deux sans trois) le fils unique de Serigne Mouhamadoul Mansour Sy (Balkhawmi), le frère aîné de Dabakh.
Ce troisième millénaire consacre un néolibéralisme ravageur et destructeur, enfantant le terrorisme, la misère et la mort dans tous les continents (récemment la Nouvelle Zélande, un pays paisible et accueillant, a vu quarante-neuf de ses citoyens tombés sous les balles d’un extrémiste australien dans deux mosquées lors des prières du vendredi, Rohingyas, migrants, etc.) Toute cette actualité angoissante de ce monde a  radicalisé les guides spirituels de Tivaouane afin de conscientiser les fidèles. Car, la Tijaniya reste et doit rester ce rempart moral contre toutes les dérives, qu’elle a toujours incarné.
Compte-rendu de ce 17 décem­bre 2019,   commémoration d’une journée inoubliable : la Ziarra générale 2019 instituée par le calife suprême depuis plusieurs décennies, Serigne Baba­car Sy…
Habituellement, la Ziarra générale a toujours été un moment de retrouvailles fraternelles et religieuses entre les milliers de disciples du père du Mourchid feu Abdoul Aziz Sy Al Amin, le phare éternel, dispersés sur tout le territoire national et au-delà, les «talibé Cheikh» de tous horizons. Cette réjouissance peut être analysée doublement. Elle est considérée par certains comme mal placée. Pourtant, elle repose sur la clairvoyance citoyenne de nos différents khalifes généraux, de Serigne Babacar Sy à Serigne Babacar Sy Mansour, l’actuel guide suprême de la confrérie tidiane se réclamant de Tivaouane. Même si on ne le rappelle assez aux jeunes générations, Seydi Hadji Malick Sy a été toujours un citoyen modèle de son époque, de l’envoi de son fils aîné au front Seydi Sidy Ahmeth Sy (tombé sous les balles allemandes à Salonique (Grèce 14-18), à l’appel pour la vaccination contre la peste à Saint-Louis.
Mais, cette Ziarra 2019 rentre dans la riche histoire des exploits de la  famille Sy de Tivaouane que la calomnie, la mauvaise foi, et la jalousie provenant de personnes insoupçonnables n’ont pu reléguer  aux poubelles de notre prestigieuse histoire religieuse.
Avec son éloquence habituelle, héritée  de son frère  Cheikh Ahmeth Tidiane Sy Al Makhtoum, Serigne Papa Malick Sy a fustigé ceux qui dénoncent l’engagement politique des marabouts. Elégant dans son super grand boubou vert fluo, un bonnet et un chapelet de la même couleur, montre luxueuse à la main droite et un chapelet, il a rappelé qu’il a failli s’engager avec -Feu Charles Guèye, un marxiste pur et dur, militant du Pai emprisonné dans les geôles  senghoriennes pendant plusieurs années- dans une guérilla guevariste du nom Ernesto Che Guevara, ce révolutionnaire argentin tombé sous les balles de la Cia en Bolivie en 1967. Mais, la sagesse islamique a repris le dessus. Poursuivant son allocution devant la délégation gouvernementale dirigée par M. Ismaïla Madior Fall, le Garde des sceaux, le corps diplomatique, la famille Sy et diverses autorités religieuses, le porte-parole de la famille Sy  a mis en exergue la lutte politique d’Al Makhtoum en créant avec Al Amin et feu Oumar Diop, avocat saint-louisien et beaucoup d’autres personnes, un parti politique qui n’a pas fait long feu pour des raisons électorales. Doufi lou bess. Ensuite, il a prôné la piété et la paix dans ce monde où la cupidité, la quête perpétuelle de biens mal acquis, source de riiba, perturbe l’harmonie sociale et religieuse. Donc, vigilance.
Le Khalife général a abondé dans le même sens, toujours le visage austère et la mise soignée. Adepte de la vérité quoi qu’elle puisse lui en coûter, il a exhorté les hommes politiques de tous bords à reconnaître les faits. Un Président a été officiellement élu et cela faciliterait les choses que de le reconnaître. Cette reconnaissance même déboucherait sur une paix durable car, la grâce divine est tombée sur notre Patrie avec ses nouvelles ressources que beaucoup de pays nous envient.
Auparavant, le ministre de la Justice, inspiré, a rappelé que nos érudits et fondateurs de nos confréries ont prié pour notre pays. L’effet est perceptible. «Le jihadisme n’a pas encore frappé à nos portes et toutes nos querelles finissent par le dialogue. Donc, nous demandons à nos chers marabouts de renouveler les prières si bénéfiques, à l’image de Maodo qui est entré dans l’histoire par la grande porte», conclut Ismaïla Madior Fall, le ministre de la Justice.
E. Momar WADE
Journaliste

1 COMMENTAIRE

  1. Dageu reck la yalla bageu li de mo fa amone gneup guisko ak seni beut.
    Bageu diaye sa journal diaroul sos rawatina si kou tolni Khalifa generale des tidiane nga xamne dagou lako gneup xami.
    Yonenta bi psl dafa wax ne :wax len lou bakh mba ngeun noppi. Journaliste dafa wara diotali mbiryi ci namou deme dousi yock dousi wagni.

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