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La ziarra annuelle de la famille Aïdara à Baya allie l’utile à l’agréable. Elle permet aux populations très démunies de se faire un peu d’argent et aux pèlerins de prier, le tout dans une localité qui, en 2018, n’a ni eau ni électricité. Plonger dans un village situé juste à 5 km après Kolda et qui est coupé du Sénégal.

L’arrivée des bus pour la ziarra annuelle de Cheikh Aïdara dans le village de Baya, situé à 5 km après la région de Kolda, installe un vent poussiéreux. A même le sol, Mariama expose ses produits : des bijoux de la forme d’une pièce de 25 francs Cfa trouée en suivant la circonférence. Le visage de la dame au teint noir attire plus le visiteur que ses produits. L’air sec mélangé à la poussière a fini de la maquiller. C’est un véritable spectacle en ce matin de vendredi où la météo affiche 21 degrés. Se voyant exposée, elle n’hésite pas à afficher un large sourire, non sans faire un signe de la main pour inviter le potentiel client. Même si son wolof est approximatif, cette mère de famille de 4 enfants engage la conversion au risque de provoquer la moquerie de son interlocuteur.
Cette Koldoise se trouve à Baya pour assurer l’avenir mystique (et financier) de sa famille. Elle sollicite les prières du Cherif mais aussi profite de l’affluence pour se remplir les poches. Car, des Maliens, des Mauritaniens, des Guinéens et des Gambiens font depuis 5 ans le déplacement. De 100 à 500 francs Cfa, Mariama a de quoi satisfaire toutes les bourses. La barrière de la langue l’empêche de s’épancher sur son chiffre d’affaires. Sa cible reste les villageois des environs et les habitants de Baya.
Comme Fatou, ils sont nombreux à profiter de cette rencontre religieuse pour se faire de l’argent. C’est l’un des sens que les organisateurs ont voulu donner à cette ziarra pour perpétrer l’héritage de Cheikh Mahfouz Aïdara. L’érudit, de son vivant s’était donné comme objectif de répandre l’Islam de manière pacifique, tout en mettant l’accent sur le développement personnel. Ainsi depuis 5 ans, ses petits-fils ont initié une ziarra à Baya. Cette localité, située à 5 km après la région de Kolda, semble être ignorée par les autorités. En effet, ce village ne compte aucune infrastructure de base. L’eau et l’électricité y sont un luxe. Ainsi pour satisfaire les besoins primaires, il faut se rappeler les pratiques de l’époque primitive ou essayer de se retenir durant les 3 jours que dure la ziarra pour les visiteurs. Une situation qui a impacté les pèlerins de Dakar. Ces derniers ont fait plus de 24 heures de trajet pour regagner la Capitale. A cause des arrêts répétitifs, 24 heures ont été nécessaires pour parcourir moins de 600 km.

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