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Avec la loi sur la décentralisation, la gestion des ressources naturelles est une compétence transférée vers les collectivités territoriales. Ali Haïdar a réuni hier à Ziguinchor les maires, la direction des aires marines protégées, les Eaux et forêts, l’autorité du mécanisme de carbone, la Société civile entre autres afin de trouver un accord qui puisse permettre à Oceanium de planter la mangrove. Car, pour Ali Haïdar, «il y a des nécessités de restauration des écosystèmes de mangrove et des écosystèmes en général parce qu’il y a une disparition des ressources, de la biodiversité, une salinisation des sols, un environnement qui souffre.  Et nous devons aller plus vite», a-t-il martelé face à la presse en marge de cet atelier organisé dans les locaux du Conseil départemental de Zi­guin­chor. Nouvellement nommé à la tête de l’Agence de reforestation, Ali Haïdar, qui dit avoir travaillé pendant trois ans sur ce projet, espère ainsi voir sa validation par les collectivités territoriales avant son départ imminent de la tête d’Oceanium qui totalise plus de 30 ans d’existence et qui a une reconnaissance nationale. «Très bientôt je vais être amené à démissionner d’Oceanium et c’est très important pour nous que l’Oceanium, qui a des compétences avérées sur la restauration des écosystèmes de mangrove et qui l’a prouvé depuis de longue date, avec 15 000 ha de mangrove restaurées, puisse terminer cela avant d’engager notre nouvelle mission», a-t-il plaidé. Et pour Ali Haïdar, 17 collectivités locales sont concernées par ce projet qui espère valider 10 000 ha. «On attend de ces collectivités leur engagement à nous accompagner car l’environnement n’a pas besoin de grand discours, elle a besoin que nous agissions pour elle. Et avec l’engagement des populations, nous ferons encore plus et nous plus encore plus loin», insiste Ali Haïdar qui dit avoir pour objectifs de planter la mangrove de Saint-Louis au Sine-Saloum, du Sine-Saloum au Delta de Casamance ; et même de reboiser la mangrove en Gambie, en Guinée et partout où la mangrove est présente. «D’après l’Onu, le Sénégal a perdu 40% de ses surfaces et sur 200 mille ha en Casamance. Car partout où la mangrove est présente, partout elle est dégradée, partout il faut la restaurer», soutient-il. Et quid de sa feuille de route pour reverdir le Sénégal en tant que directeur de l’Agence de la reforestation ? Ali Haïdar estime «qu’il a un objectif d’amener l’eau au Nord où le désert est en train de s’installer. Car on ne peut pas planter des arbres si on n’a pas de l’eau. Donc nous allons créer dans les bas-fonds des oasis et des bassins de rétention de cette eau qui nous permettraient de faire des palmeraies et datteraies. Et ce, dans des espaces qui seront très rapidement clôturés avec des végétales à base de cactus et de salanes qui n’ont pas besoin de beaucoup d’eau», a-t-il indiqué. Dans le bassin arachidier, Ali Haïdar entend y planter beaucoup d’espèces, «de plantes utiles, des forêts de fruits locaux qui vont entourer les villages. Et au Sud où la pluviométrie est plus importante, des écosystèmes d’arbres et des écosystèmes de mangrove seront restaurés dans tous les deltas». «Nous comptons organiser tous les jours une vingtaine de reboisement dans tout le pays ; et cela nécessite une collaboration avec les Eaux et forêts pour leurs pépinières, les compétences et leur savoir-faire. Notre objectif est de rendre cela possible, occuper le paysage de notre pays et le reverdir», argue-t-il.

 

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