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La revalorisation de la culture manjak, communauté dont la présence et l’influence transcende l’espace sénégalais, a été au cœur d’un Colloque international, le 1er du genre, organisé ce week-end à l’université Assane Seck de Ziguinchor. Une rencontre de haute portée culturelle à l’actif de l’Association Bakhonne et qui a mobilisé pendant deux jours tout le peuple manjak du Sénégal, de la sous-région et de la diaspora.

«La réconciliation du peuple manjak avec lui-même, le rôle de ses intellectuels dans l’actualisation de son histoire et sa présence dans le monde.» C’est le thème principal de ce 1er Collo­que international manjak initié par l’Association manjak «Ba­khonne» et ce, dans un contexte de présentation du premier jet des travaux sur l’His­toire générale du Sénégal, des origines à nos jours. Et pour ces initiateurs, ce colloque international, qui a regroupé tout le peuple manjak de l’Afrique et de la diaspora ainsi que plusieurs intellectuels, constitue le couronnement d’un long processus qui a pris naissance depuis une vingtaine d’années. «Nous avons constaté à l’époque qu’il y avait un fossé entre les jeunes générations et les anciennes générations. Il fallait donc créer une sorte de dialogue pour que la transmission culturelle puisse s’opérer», a laissé entendre, face à la presse, le président fondateur de «Bakhonne», institution manjak de célébration du Génie culturel africain dans le cadre de la renaissance africaine. Seckou Ndiaye pour qui «Bakhonne» constitue la totalisation et le couronnement d’une somme d’initiatives ayant pris naissance depuis 1999 sous le titre d’Equipe de recherche pour la sauvegarde de la culture éthnique (Erse). Et pour Seckou Ndiaye, les intellectuels manjaks se sont très vite rendu compte qu’il y avait aussi les non-Manjaks qui travaillaient sur la culture manjak et qui s’intéressaient à leur initiative. Toute chose qui a poussé, dit-il, le peuple manjak à transformer l’Erse en Espace de recherche et de promotion de la culture manjak (Erpcm). «Si l’objet de l’Erse c’était l’organisation des conférences de dialogue de générations, avec l’Erpcm, c’est l’organisation des conférences de dialogue de générations et de culture», a-t-il soutenu. Mais c’est conscient des limites des intellectuels et des nouvelles générations sur le plan culturel, que le peuple manjak en est arrivé, poursuit Seckou Ndiaye, à geler les activités de l’Erpcm pour intégrer les associations communautaires de base, suivre et capter le déroulement de la pensée manjak. «Et cette formation qui nous a pris 8 ans nous a permis d’être suffisamment armés pour revenir au combat avec l’Association Bakhonne, et pour cette fois-ci rentrer carrément dans la dynamique de la renaissance de la culture africaine», confesse-t-il. Quid de leurs attentes par rapport à des rencontres de ce genre organisées tous les trois ans par le peuple manjak et dont la présente a pour thème : «La réconciliation du peuple manjak avec lui-même, le rôle de ses intellectuels dans l’actualisation de son histoire et sa présence dans le monde» ? Là le président de Bakhonne s’est voulu formel : «Ce qui est attendu c’est que le peuple manjak se réveille. Et à l’heure où l’Histoire générale du Sénégal est en train d’être conçue, il faut que les Manjaks apportent leur quote-part. Et ce colloque va nous permettre de savoir comment aider l’Histoire générale du Sénégal à nous aider à retrouver nos racines», martèle-t-il. Et c’est dire également que les objectifs visés à travers ce 1er Colloque international, conclut le président de Bakhonne, est de permettre aux différentes délégations présentes de signer, à l’issue de celui-ci, le Pacte de suivi historique. Un pacte qui va instituer, note-t-il, un comité scientifique qui va aider, dit-il, l’Histoire générale du Sénégal à mettre en lumière l’apport manjak dans l’Histoire du Sénégal. «Et nous voulons que les Manjaks entendent le message et que ce comité scientifique là puisse voir le jour», espère-t-il.
Pour rappel, ce 1er Colloque international, qui a mobilisé plusieurs intellectuels et universitaires manjaks et non-manjaks dont le professeur Nouha Cissé qui a fait le cadrage historique de cette rencontre, a abordé en outre d’autres thèmes relatifs à la revalorisation de la culture manjak à savoir : «Quels types d’organisation faut-il permettre à la communauté manjak de la Guinée-Bissau, du Sénégal, de la Gambie et de la diaspora de jouer le rôle de transmetteur culturel ?»

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