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Depuis leur déguerpissement de l’ancien embarcadère de Ziguinchor, les habitants des îles du Buluf, usagers de ce site, sont toujours en quête de réponses à leur angoisse. Et c’est d’ailleurs pour alerter l’opinion et mettre l’Etat face à ses responsabilités que les insulaires ont envahi hier les artères de la capitale du Sud pour une marche pacifique à forte dose culturelle et cultuelle.

Jeunes, femmes, adultes et personnes du 3ème âge ! Ils étaient tous mobilisés et déterminés à battre le macadam hier, vendredi, pour exiger de la mairie de Ziguinchor le respect de leurs droits et de leur dignité, des principes bafoués par l’équipe municipale dirigée par Abdoulaye Baldé. Et ce, à la suite de leur déguerpissement de l’ancien embarcadère de Ziguinchor.
Face à ce qu’ils qualifient d’injustice, les insulaires, arborant leurs tee-shirts blancs et munis de foulards rouges et de pancartes, ont sonné la grande mobilisation. «Nous ne sommes pas contre Baldé, nous voulons le respect de tous les citoyens», «Déguerpir sans caser en amont», «L’heure de la révolte a sonné» ! Tels étaient les slogans qu’on pouvait lire sur les pancartes. Et c’est également aux cris de «Libérez l’ancien bac» que ces jeunes et notamment ces femmes, venus pour l’essentiel des îles du Buluf et soutenus par l’Alliance pour la convergence démocratique (Acd) et l’Association Karambénor, ont quitté le rond-point Jean Paul II pour l’ancien embarcadère, en passant par la mairie de Ziguinchor, le marché Escale, la Place des Naufragés.
Une procession qui a par moments eu des relents euphoriques. Et plus particulièrement au niveau de l’ancien bac où les marcheurs, notamment les femmes comme transposées, ne cessaient de chanter et danser. Des chants et des danses puisés dans la pure tradition culturelle de ces communautés des îles du Buluf. De quoi donner à cette marche un caractère culturel et cultuel. Et c’est finalement au niveau de la préfecture de Ziguinchor où la procession a pris fin que les populations des îles ont pu exposer leurs plaintes et complaintes, consignées dans leur mémorandum, au maître des lieux.
Par la voix de Mamadou Lamine Djiba, porte-parole de l’Acd et porte-voix, dit-il, des populations du Kassa, du Buluf et des îles, elles disent attendre de la mairie des solutions par rapport à l’insalubrité et aux inondations dans les quartiers au lieu de se consacrer à matérialiser un projet dont les populations ignorent les tenants et les aboutissants. Et pour M. Djiba, les populations villages ont depuis belle lurette exploité le site de l’ancien embarcadère qui contribue, argue-t-il, au développement de l’économie villageoise.
«Sans ce site de débarquement et d’embarquement, c’est l’économie rurale qui sera complètement à genou, car à travers ce site les insulaires évacuent leurs produits, leurs malades et y accèdent pour venir régler leurs problèmes à Ziguinchor», martèle-t-il. Et le porte-parole de l’Acd de fustiger le mépris dont à fait montre la mairie de Ziguinchor qui n’a pas pris langue, selon lui, avec les usagers du site pour trouver des solutions à ce problème. Et après avoir reçu le mémorandum des populations villageoises, l’adjoint au préfet de Ziguinchor a d’abord magnifié cette marche pacifique des insulaires. L’autorité préfectorale a promis de transmettre ce mémorandum à l’autorité afin qu’ensemble des solutions soient trouvées et qu’il y ait un dénouement heureux à cette question pour l’intérêt exclusif des populations des îles et de la commune de Ziguinchor.
imane@lequoptidien.sn

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