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«La place des sciences pour l’émergence du Sénégal», est le thème cette année des Journées scientifiques de Sindian dans le Fogny. Un thème qui, selon Docteur Ndèye Gnima Goudiaby, porte sur une préoccupation et un défi majeur pour l’avenir du pays. La marraine de cette édition a, entre autres, fait cas de la situation socioéconomique du Sénégal, qui a par conséquent, selon elle, d’importants et pressants besoins de progrès dans tous les domaines et d’émergence. Pour Dr Ndèye Gnima Goudiaby, les potentialités et ressources naturelles dont le Sénégal est doté appellent indiscutablement de considérables savoirs et savoir-faire en matière scientifique. Et c’est le cas en Casamance et à Bignona notamment où se pose manifestement, poursuit-elle, une réelle urgence de valorisation et de la transformation de nos immenses ressources. Suffisant pour remercier le comité scientifique du Lycée de Sindian qui a très tôt compris que la science est un facteur important de développement qui se fait essentiellement à travers la formation des ressources humines, estime-t-elle. Dr Goudiaby a exhorté en outre les enseignants à accorder une attention et un effort particuliers à la promotion de l’éducation et de la formation des filles dont la part dans le développement économique et social de nos pays est incontestablement prépondérante et centrale, note-t-elle. Pour le directeur du Pôle traitement et système d’information au Fongip, Amadou Diallo, l’organisation de cette journée démontre les efforts déployés par tous les acteurs, particulièrement les enseignants, afin d’assurer aux élèves une formation scientifique de qualité. Ce dernier qui a été lauréat il y a quelques années du prix du Concours général de mathématiques, s’est beaucoup appesanti lors de son intervention sur les nombreuses difficultés auxquelles l’enseignement scientifique est confronté ; à savoir le manque d’intérêt croissant des élèves pour les disciplines scientifiques et la baisse de la fréquentation des classes de sciences. «Il n’est besoin d’être expert pour se rendre compte que nos salles de classe de sciences se vident. Rares sont aujourd’hui les Lycées qui possèdent des classes de terminales S1 ou S2 avec plus d’une dizaine d’élèves», a-t-il soutenu. Et pour M. Diallo, en 2011 sur les 70 311 élèves orientés en seconde, seuls 23 360, soit environ un tiers de l’effectif total, ont fréquenté une série scientifique ou technologique avec une tendance qui se maintient, dit-il, en première et terminale. A tire comparatif, le parrain estime qu’à la même année au Maroc, le nombre de candidats des branches scientifiques était de loin supérieur à celui des branches littéraires : 217 183 contre 164 997 ; et en France, toujours la même année, le nombre d’élèves entrant en terminale S était 3,1 fois supérieur au nombre d’élèves entrant en terminale L. Et pourtant, M. Diallo est d’avis que c’est aujourd’hui plus qu’hier que le besoin d’une compétence nationale scientifique et technique se fait le plus sentir pour relever le défi de l’émergence. Et pour cela, le technicien du Fongip plaide pour l’érection d’un enseignement moyen secondaire capable de générer un flux important de bacheliers vers les filières scientifiques et techniques pour augmenter de manière significative le nombre d’ingénieurs, de chercheurs et de techniciens dont notre pays a besoin pour se développer. «Il s’agira alors de susciter l’appétence des élèves pour les sciences afin de transformer nos lycées et collèges en un vivier pour l’enseignement supérieur scientifique. Le but final étant de former une masse critique de cadres scientifiques et techniques dans tous les secteurs d’activité», insiste Amadou Diallo. Pour qui beaucoup d’efforts restent donc à faire pour inverser la tendance afin de pouvoir faire du Sénégal un pays émergent.
imane@lequotidien.sn

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