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Ziguinchor a été ce jeudi la capitale de la revendication syndicale, illustrée par la marche des six (6) syndicats d’enseignants communément appelés (G6). Une marche autorisée, ensuite interdite, enfin ré-autorisée par le préfet et qui a été réprimée à hauteur du rond-point Jean Paul II avec à la clé des blessés et des arrestations.

C’est dans l’après-midi du mercredi que le préfet de Ziguinchor avait convoqué l’un des responsables locaux du G6 pour lui notifier l’interdiction de la marche nationale des six centrales syndicales prévue le lendemain jeudi. Raisons invoquées par l’autorité préfectorale : Possibilité de troubles à l’ordre public et insuffisance de moyens pour encadrer la marche. Seulement voilà ! Les enseignants syndicalistes venus de toutes les régions de la Casamance naturelle et dont les secrétaires généraux nationaux avaient effectué le déplacement de Ziguinchor n’entendaient point surseoir à leur décision de marcher et avaient décidé, du coup, de braver l’interdit préfectoral. «Nous avons respecté toute la procédure et avons déposé une demande d’autorisation. D’ailleurs, il ne s’agit même pas de déposer une demande parce que nous sommes dans un régime déclaratif. Et ce qui est étonnant dans cette affaire, c’est qu’en l’espace de quelques heures, l’autorité préfectorale accepte notre déclaration avant de produire une interdiction sous prétexte qu’il y a des menaces de troubles à l’ordre public et qu’il n’y a pas suffisamment de moyens pour encadrer la marche. Le G6 maintient intact son plan d’action», a martelé le porte-parole du jour du G6.
Tout compte fait, un bras de fer sera dans un premier temps évité entre Forces de l’ordre et les enseignants suite à une ultime décision du préfet de Ziguinchor d’autoriser à nouveau la marche. C’est donc muni finalement de leurs pancartes, arborant des brassards et des foulards que les enseignants, après une Assemblée générale improvisée au Lycée Djignabo, ont battu le macadam sous un encadrement policier. Mais après une vive tension visible tout au long de cette procession entre marcheurs et Forces l’ordre, c’est arrivé au niveau du rond-point Jean Paul II, dans le centre-ville, que les choses allaient dégénérer entre les deux camps. Devant le refus des enseignants du G6 de mettre fin à leur marche qui devait, selon leur entendement, se poursuivre jusqu’au niveau de la gouvernance, les Forces de l’ordre avaient tout bonnement décidé de réprimer celle-ci en usant de gaz lacrymogènes. Une option qui était loin de plaire aux marcheurs qui vont à leur tour user de pierres pour riposter aux policiers fortement soutenus par les Asp. Les Forces de l’ordre vont d’ailleurs procéder à plusieurs arrestations du côté des enseignants. Des débordements qui ont aussi causé plusieurs blessés de part et d’autre et occasionner la paralysie du trafic et de la circulation des personnes pendant de bonnes heures au niveau du centre-ville.
Si les Forces de l’ordre ont atteint leur objectif en réprimant finalement la marche, les responsables du G6 se disent à leur tour satisfaits d’avoir défié l’autorité pour faire respecter leur plan d’action. La bande à Abdou Faty et Saourou Sène a promis de faire une évaluation de l’étape de Ziguinchor une fois à Dakar avant de décliner de nouvelles stratégies dans le cadre de leur bras de fer avec le gouvernement.
imane@lequotidien.sn

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