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L’hymne national a retenti à Kaguitte à l’occasion de la célébration du 57ème anniversaire de l’indépendance du Sénégal. Un événement et une date symboliques pour les populations de cette localité qui a connu les pires affres du conflit casamançais et qui entend ainsi tourner cette sombre page de son histoire.

Le défilé organisé hier à Kaguitte est un signe de normalité. Le 1er septembre 1992, cette localité, devenue l’épicentre du conflit armé en Casamance, sombre dans une extrême violence dont le pic est la mort d’une cinquantaine de personnes, victimes collatérales des affrontements entre l’Armée et des combattants du Mfdc. Cette situation avait poussé plus de 3 000 personnes de cette contrée de l’arrondissement de Nyassia à abandonner le village pour se réfugier en Guinée-Bissau, en Gambie et à Ziguinchor.
25 après, Kaguitte, coincée entre les localités de Youtou, Kassou Sénégal, Bouniack et Essing, qui abrite toutes les ethnies du pays et qui constitue le reflet le plus parfait du multiculturalisme religieux, a définitivement tourné cette sombre page de l’histoire de la Casamance et de son histoire à elle si chargée. Et ce, à la faveur de la célébration du 57ème anniversaire de la fête de l’indépendance du Sénégal. Les 44 chefs de village de l’arrondissement de Nyassia, le maire de la commune d’Enampore, les associations de jeunesse, les femmes, les notables, tous se sont ainsi donné rendez-vous ce mardi à Kaguitte pour les besoins du défilé organisé par l’Armée. Un défilé présidé par le sous-préfet de Nyassia, dirigé par le sergent-chef Mor Fall, chef du détachement des fusiliers voltigeurs basés au niveau de la localité  et sous les ordres du capitaine Pape Bilal Diop, commandant du secteur 510. Levée des couleurs, revue des troupes, défilé civil et militaire, prestations d’artistes locaux et allocution du sous-préfet ont constitué les temps forts de cette journée symbolique gravée à jamais dans la mémoire collective des populations de Kaguitte et environs.
Ainsi, 231 élèves de l’élémentaire et du moyen secondaire, l’Union des jeunes de Kaguitte et environs, le Conseil environnemental de Nyassia, les femmes des deux communes de l’arrondissement de Nyassia, l’Alliance sénégalo-guinéenne, les récolteurs de vin, les anciens militaires, les conducteurs de motos Jakarta et un détachement des commandos des fusiliers voltigeurs ont pris part à ce défilé. Tous entendaient ainsi par cette communion d’ensemble pâlir l’image douloureuse de Kaguitte et réaffirmer du coup la sénégalité de cette localité jadis abandonnée par ses populations et qui a ces dernières années enclenché sa renaissance. D’ailleurs pour le sous-préfet de Nyassia, il est plus qu’aujourd’hui nécessaire à la faveur de l’accalmie notée un peu partout d’accompagner cette dynamique tout en donnant un signal fort aux partenaires et aux populations exilées de cette localité qui tardent encore à revenir au bercail. C’est tout le sens, de l’avis de l’autorité préfectorale, de la délocalisation de la fête du 4 avril au niveau de Kaguitte. Même son de cloche chez l’édile de Nyassia pour qui Kaguitte, qui constitue l’un des plus gros villages du département, doit pouvoir retrouver son lustre d’antan et jouer son rôle de poumon économique de la région. Mamadou Diallo qui est aussi d’avis que cet événement organisé à Kaguitte montre que la paix dont les populations espèrent durable est bien réelle. Et par rapport au thème de cette an­née, «Con­tri­bu­tion des forces de défense et de sécurité à la protection de l’environnement», le maire de Nyassia estime qu’il cadre parfaitement avec la démarche initiée depuis deux ans par les populations en collaboration avec des partenaires. «Nous avons créé à cet effet deux comités inter-villageois grâce à l’accompagnement de la plateforme des partenaires. Et ce thème vient renforcer ce que nous faisons déjà sur le terrain», a-t-il soutenu.
imane@lequotidien.sn 

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