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A quatre jours des élections de représentativité, Mademba Sock est d’attaque. Il a sorti l’artillerie lourde pour dénoncer les pratiques syndicales en cours dans ce pays et les doléances des travailleurs.

Dans le cadre de la préparation des élections générales de représentativité des centrales syndicales, le secrétaire général de l’Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal (Unsas) était ce mercredi à Ziguinchor. Mademba Sock saisit bien les enjeux de ce scrutin prévu le 30 mai prochain pour consolider la lutte syndicale et crédibiliser les revendications des travailleurs. Il s’agit du Smic, du point indiciaire, le système de rémunération, le respect des accords avec les différents syndicats, la revalorisation de la fonction enseignante, la généralisation de l’indemnité de logement. Par conséquent, Mademba Sock espère un syndicalisme fort, «musclé» et une fédération de volontés autour d’une organisation syndicale forte et crédible. Et l’étape de Ziguinchor qui a mobilisé tous les responsables de plusieurs syndicats est à beaucoup d’égards très importante pour l’Unsas qui avait terminé à la 1èreplace dans cette région lors du scrutin de 2011. «C’est dire qu’il y a un long bail qui existe entre nous et qui est fondé sur les convictions que nous avons en commun ; à savoir que l’activité syndicale doit essentiellement reposer sur l’autonomie syndicale aujourd’hui plus que jamais. Et ce, dans la mesure où il est clairement établi que seul le mouvement syndical autonome peut permettre aux travailleurs d’être au départ et à la fin de leurs revendications en s’appropriant les demandes des travailleurs et en considérant qu’il est quand même le fondé de pouvoirs d’une grande aspiration déclinée par le monde du travail et les travailleurs.»
A en croire Mademba Sock, Ziguinchor est une étape très importante «également du point de vue de la pluralité des organisations membres de notre centrale qui y sont, de la poste en passant par l’électricité, la santé, l’enseignement supérieur, l’enseignement moyen-secondaire et l’élémentaire, les banques, etc.».
Il compte sur ces forces syndicales, leurs voix et leur poids pour l’élection du 30 mai prochain «qui va définitivement consacrer l’hégémonie de l’autonomie syndicale sur la participation responsable». Il dit : «De 1969 à nos jours, elle n’a rien apporté au monde syndical dans la mesure où ce sont des organisations syndicales créées en 1969 par le Président Senghor après avoir dissous, par voie administrative en se fondant sur les dispositions de la loi 65-40, l’Unts de l’époque.» Il ajoute : «La Cnts est née dans ces conditions-là pour accompagner le pouvoir et recevoir les dividendes de sa part. Il est impératif de bannir cette forme de syndicalisme. Cette élection est un moment de reconfiguration syndicale dans la mesure où il y a la nécessité de renouveler le personnel syndical dirigeant.» Que faire ? «Les nouveaux besoins vont éclore dans un contexte dans lequel le climat économique va être changeant et très hostile aux revendications. Et au regard de la dialectique en cours dans le monde avec la poussée de l’arrimage du franc Cfa à l’euro, les nouvelles élections de Trump et de Macron, etc. il reste entendu qu’on va vers des périodes difficiles», explique le secrétaire général de l’Unsas.
Aujourd’hui, il est engagé à changer la lutte syndicale. «Et notre combat est de rayer ce mécanisme, cet outil syndical qui ne sert pas les travailleurs, mais les met dans des situations dans les lesquelles ils sont domestiqués par le pouvoir en place avec la complicité de dirigeants syndicaux», insiste Mademba Sock. «Et ces élections sont un moment de rappeler aux militants les intermèdes et les parenthèses que nous avons vécus et qu’il nous faut aller de l’avant», soutient-il.
imane@lequotidien.sn

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