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La capitale du Sud a été la semaine dernière le cadre d’une rencontre de constitution de l’Association de promotion et de défense de l’Indication géographique protégée (Igp) maad qui regroupe tous les associations et acteurs de la Casamance naturelle qui gravitent autour de la filière «maad» ou «saba senegalensis».

Protéger le «maad de Casamance» en indication géographique, telle est l’ambition des acteurs qui gravitent autour de la filière. Réunis dans les locaux de la Caritas Ziguinchor, ils ont mis à profit deux jours pour mettre d’abord en place l’Association sur l’indication géographique protégée «maad de Casamance» et ensuite un comité qui va se charger de continuer le travail sur l’élaboration du cahier de charges et plus tard du dossier qui va être déposé à l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi), afin que le «maad de Casamance» soit protégé en indication géographique. Le but étant, pour Maïmouna Sambou Diédhiou, présidente du Gie Casa écologie, qui s’active dans la transformation des fruits et légumes à Bignona, de mieux labelliser le maad, pour qu’il soit mieux valorisé, mieux commercialisé sur le marché national et international. Mme Diédhiou considère que ce produit a subi une exploitation abusive en Casamance. Beaucoup d’arbres, qui servaient de support aux lianes de maad, ont été coupés. «On s’attèle aujourd’hui à faire la cartographie sur toute l’étendue de la région pour voir l’existant au niveau des forêts de la Casamance», a soutenu Mme Diédhiou. Elle plaide ainsi pour une régénération de la forêt casamançaise pour que le maad se reproduise à nouveau. «La cartographie permettra de jauger le niveau du maad en Casamance, mais aussi de sensibiliser, faire une large diffusion des informations des indications géographiques sur le maad, expliquer la valeur de ce produit aux populations qui seront les premières concernées par ce programme», a-t-elle indiqué en marge de cette rencontre.
Cette rencontre a eu l’accompagnement de partenaires tels que la Fao, Ompi, du Bureau d’études économie, territoire et développement des services à Ziguinchor et des pouvoirs publics à travers l’Ancar et l’Aspit (Association sénégalaise pour la propriété intellectuelle). Conseiller juridique à l’Aspit au ministère du Développement industriel et des Pmi, Talla Samb est d’avis qu’il est nécessaire, dans le cadre de la promotion des produits locaux, de penser à la protection du produit par l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle sous forme d’indication géographique. Et le maad a été identifié, a-t-il dit, comme un produit qui a des caractéristiques organoleptiques particulières dues à son terroir. «On est là pour sa protection et son enregistrement au niveau de l’Oapi. Mais avant cela, il va falloir quand même qu’il y ait un organisme qui porte le projet qui assure sa promotion et sa défense», argue Talla Samb. Et c’est d’ailleurs tout le sens de cette rencontre de Ziguinchor avec les acteurs de la filière maad, et à l’issue de laquelle sera mise en place, selon M. Samb, une feuille de route axée sur la promotion, puis la validation du produit par le Comité national des indications géographiques qui a été créé. «Et cela est valable aussi pour d’autres produits qui pourraient être aussi protégés, car on est déjà dans la globalisation et on va également vers la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) qui sera caractérisée par la libre circulation des biens, des personnes et des services», a-t-il souligné.
Pour Pape Tahirou Kanouté, directeur du Bureau d’études économie, territoire et développement des services à Ziguinchor, c’est aujourd’hui l’aboutissement d’un long processus qui a démarré depuis très longtemps et ponctué par plusieurs rencontres à travers toute la Casamance naturelle pour des échanges avec les acteurs professionnels. Et avec le soutien de la Fao, de l’Oapi et de plusieurs autres partenaires, les acteurs vont, estime-t-il, arriver à ce que le maad soit labellisé en indication géographique. Toute chose qui, d’après M. Kanouté, augmente la valeur sur le plan économique, car vendu sur les marchés nationaux et internationaux avec beaucoup plus de valeur et une valeur environnementale. «Et si le produit est reconnu, les gens seront beaucoup plus enclins à le protéger et protéger du coup la forêt aujourd’hui très menacée», espère-t-il.

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