PARTAGER

Va-t-on vers un 11 février mouvementé à Ziguinchor ? Le télescopage entre les candidats de Bby et de SonkoPrésident est qualifié de grand danger, après l’épisode de Saint-Louis et les propos mal appréciés de Cissé Lô contre le leader de Pastef. Pour baisser la tension, les deux camps appellent au calme.

Un autre télescopage lundi 11 février 2019. Les candidats Macky Sall et Ousmane Sonko tiennent leur meeting à Zi­guinchor. Une coïncidence de calendrier qui fait aujourd’hui craindre le pire, après les violences de Saint-Louis où des militants de Pastef ont été attaqués, et qui accusent Benno bokk yaakaar. Toutefois, du côté des états-majors des deux candidats dans la capitale du Sud, le discours est à l’apaisement, même si chaque camp affûte ses armes pour une démonstration de force le jour-j. «C’est une opportunité pour les Ziguinchorois de remercier le président de la République par rapport à tout ce qu’il a fait pour la région et la Casamance tout entière. Nous sommes des Ziguinchorois, des Sénégalais, tous issus de la même famille. C’est juste des enjeux démocratiques et chaque candidat a le droit de sillonner tout le pays à la quête des suffrages. Et Ziguinchor ne saurait déroger à ce droit», a dit Milian Mendy, président de la Commission communication du Comité électoral départemental de Bby. Il appelle ainsi les deux camps à la «sérénité», au «calme» et à la «non-violence». Il ajoute : «Au soir du 24 février 2019, quand le Président Macky Sall sera réélu, nous tendrons encore la main à tous les Sénégalais pour la construction de ce pays. Donc, l’heure doit être aux débats axés sur les programmes. Et c’est là où nous attendons tout le monde.» Toutefois, M. Mendy invite le candidat de la coalition Son­koPrésident à «différer ou avancer sa venue à Ziguinchor» car, dit-il, «c’est politiquement suicidaire pour lui de venir croiser» le candidat de Bby à Ziguinchor. A défaut, promet-il, «il sera tout simplement noyé par la déferlante marron».

Le camp de Sonko pour la non-violence, mais avertit ses adversaires
Chez les partisans de Ousmane Sonko, c’est le même esprit d’apaisement qui est prôné. D’ailleurs, Raphaël Bassène, responsable de la coalition SonkoPrésident à Ziguinchor, a tenu à souhaiter la bienvenue au Président Macky Sall. Il s’empresse d’ajouter cependant : «Si l’on est quand même inquiet aujourd’hui, c’est par rapport aux agressions verbales que nous avons subies il y a quelques jours avec le député Cissé Lô et celles physiques subies par nos militants à Saint-Louis. Avec ces séries d’agressions, c’est comme si certains, comme Cissé Lô, ont intérêt à ce que les élections n’aient pas lieu ici à Ziguin­chor.» M. Bassène souhaite donc que de telles violences ne se produisent pas ce 11 février à Ziguinchor. «La paix recherchée depuis plus de 30 ans dans cette région est aujourd’hui à son dernier tournant. Cela, nous le comprenons bien et nous faisons tout pour éviter des affrontements physiques. On ne le souhaite pas. Mais cela ne veut pas dire que si on nous agresse, nous ne répondrons pas», avertit-il. Avant d’inviter les responsables ziguinchorois de la majorité d’éviter de jeter de l’huile sur le feu. «S’ils choisissent ce chemin, ils y trouveront des gens. La Casamance n’a d’ailleurs qu’un seul candidat et c’est Ousmane Sonko», avertit-il.
imane@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here