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Dans le cadre des négociations sur la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), les services du ministère du Commerce et des petites et moyennes entreprises s’acheminent vers des concertations sur l’élaboration des listes d’engagement en matière de services auxquelles le secteur privé est attendu.

Les Petites et moyennes entreprises (Pme) sénégalaises évoluant dans le numérique peuvent véritablement tirer profit de l’accord sur la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Toutefois, devraient-elles relever un certain nombre de défis. Entre autres, Astou Sy, cheffe de la Division des négociations commerciales internationales (Dnci) à la direction du Commerce extérieur, qui intervenait hier dans le cadre des «matinées Optic-Réjotic du numérique», a fait état de «la mise en œuvre des accords commerciaux régionaux et l’insuffisance d’implication du secteur privé, plus particulièrement dans la négociation des ac­cords». Mme le commissaire aux Enquêtes économiques indique que «souvent dans le cadre des négociations, le secteur privé n’est pas impliqué. C’est le constat fait au niveau continental».
Pour renverser cette tendance, les services du ministère du Commerce et des petites et moyennes entreprises ont décidé d’organiser des concertations sur l’élaboration des listes d’engagement en matière de services, auxquelles le secteur privé est convié.
«Comme les télécoms font partie des sous-secteurs qui seront inclus dans ces listes, nous envisageons des concertations sectorielles. Optic (Organisation des professionnels des Tic du Sénégal : Ndlr) a été toujours représentée, mais si ses membres, de façon individuelle, sentent la nécessité de participer à ces concertations, ils seront les bienvenus. Cela permettra de prendre en compte leurs préoccupations», informe Astou Sy. Qui souligne aussi que «dans le cadre du comité national de négociations commerciales internationales, notamment à travers le sous-comité commerce des services, Optic a toujours répondu présent. Et cela permet de prendre en compte les intérêts de ses membres. Et c’est très important, car les négociateurs ont des orientations globales, mais réellement les préoccupations doivent venir de la base. Cette dynamique qui est enclenchée par Optic depuis longtemps doit véritablement continuer».

Développer une offre compétitive
Compte tenu des potentialités qui s’offrent au niveau continental, avec un marché de 1,2 milliard à l’état actuel et 2,5 milliards à l’horizon 2050, les Pme du numérique sont également appelées à jouer sur l’offre.
«Pour permettre à nos Pme du numérique de bien s’intégrer au marché régional, il serait pertinent de mener une politique d’accroissement d’une offre compétitive, en qualité et en quantité. A cet égard, il faut un meilleur encadrement des Pme dans le domaine du numérique…», suggère Mme Sy. Pour Antoine Ngom, le numérique a le potentiel d’être un acteur majeur dans la Zlecaf. Mais, estime le président de l’Optic, cela requiert un accompagnement, une mise à niveau de ces entreprises. «Si les Pme du numérique sont accompagnées, je pense qu’on peut faire de la Zlecaf une opportunité pour nos Pme. On est dans un secteur où on peut tirer notre épingle du jeu, mais il faut une mise à niveau», plaide M. Ngom, par ailleurs, président du comité de pilotage du programme de mise à niveau.
Mme Sy rappelle dans sa présentation que «la contribution du secteur des télécoms dans la croissance est estimée à 4,72% au cours du 1er trimestre 2018. La valeur du marché des télécommunications au Sénégal est estimée à 729,05 milliards de francs Cfa en 2018 et les investissements sont évalués à 97 milliards de francs Cfa. Le secteur des télécommunications constitue le troisième contributeur à la création d’emplois après le secteur des transports et celui des services de restaurations (Ansd). Parallèlement, des emplois informels sont générés par l’activité des télécommunications dont la quantification reste difficile». Toujours sur les opportunités pour les Pme du numérique, le commissaire aux Enquêtes économiques note que «la Zlecaf est entrée en vigueur dans un contexte marqué par une demande croissante de dématérialisation des procédures administratives en Afrique, un fort potentiel de développement des services en ligne (éducation, santé, finances, tourisme), l’émergence d’activités développées à partir des Tic et des télécoms (Fintech, Block­chain…)».

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