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Dans le cadre du Programme d’aménagement et de développement économique des Niayes (Paden), dix femmes en provenance des diverses régions de la zone des Niayes ont été récompensées avec des enveloppes comprises entre 1 million et 500 mille francs Cfa, soit une valeur totale de 6 millions 400 mille francs.

«Le contexte socioculturel de la zone des Niayes est marqué par un système patriarcal contraignant pour les femmes : un pouvoir décisionnel faible, une charge de travail lourde ainsi que des difficultés d’accès et de contrôle des ressources de production.» C’est ainsi que le document de presse a résumé la situation des femmes. En effet, d’après Moustapha Lô Diatta, ministre délégué auprès du ministre de l’Agriculture et de l’équipement rural, les femmes représentent 10,4% des producteurs de la zone des Niayes estimés à 10 mille 104, et 80% de la main-d’œuvre temporaire et 5% du chiffre d’affaires. Un déséquilibre genre manifeste auquel le gouvernement s’attèle à réajuster. M. Diatta l’a fait savoir mardi lors d’une remise de prix aux 10 meilleures horticultrices de la zone. «Le président de la République a mis en place le Paden (Programme d’aménagement et de développement économique des Niayes – mis en place en 2012-), sous la houlette du ministre de l’Agriculture avec l’accompagnement du  gouvernement canadien pour booster la production horticole dans cette zone, mais surtout aider nos braves horticultrices à améliorer leurs rendements», a expliqué M. Diatta, lors de la cérémonie qui s’est tenue dans les nouveaux locaux du ministère de l’Agriculture à Diamniadio.
10 femmes en provenance des diverses régions de la zone des Niayes ont été ainsi primées avec des enveloppes comprises entre 1 million et 500 mille francs Cfa, soit une valeur totale de 6 millions 400 mille francs Cfa.
«Le prix de la meilleure horticultrice est une innovation dans l’activité horticole de la zone des Niayes. Elle met en avant l’excellence  dans l’entreprise horticole chez les femmes», a noté le document de presse remis par les organisateurs. Lequel document de préciser que l’évaluation sur «une centaine de candidates» a été menée par un comité de sélection s’étant déplacé sur le terrain et se basant sur six critères. Même si le Paden arrive à terme le 31 juillet, les retombées du programme vont se faire sentir dans toute la zone.
«Vous êtes des leaders et des modèles dans vos zones respectives. Les acquis, vous devez les transmettre aux nombreuses dames s’activant dans l’horticulture dans la zone des Niayes», a souligné à ce propos Monika Vade­boncœur, représentante de la coopération canadienne, qui a aussi relevé l’importance de l’activité. «Il est difficilement imaginable d’atteindre le développement sans viser l’agriculture», a-t-elle avisé.
Pour le ministre délégué, le gouvernement du Sénégal a bien compris cette nécessité matérialisée par le Programme d’accélération de l’agriculture sénégalaise (Pracas). Il a, à ce titre, cité en exemple la subvention de la semence de la pomme de terre passée de 130 millions en 2013 à 3 milliards de francs Cfa en 2018, sans oublier le renforcement de capacités en ce qui concerne la capacité de stockage, la conservation et la transformation des produits agricoles. La zone des Niayes s’étend sur 180 km de long et entre 5 et 30 km de large le long du littoral maritime de notre pays. Elle assure, selon le ministre délégué, «presque 60% de la production horticole nationale et 80% des exportations». «Le gouvernement est à pied d’œuvre pour protéger ce patrimoine que sont les Niayes et faire en sorte que les producteurs qui s’activent dans cette zone puissent trouver leurs comptes et améliorer leurs rendements», a-t-il assuré. Il a en outre annoncé la pérennisation des acquis obtenus avec le Paden à travers «un programme en phase de finalisation» qui sera appuyé par la coopération italienne à hauteur de 10 millions d’euros (6,5 milliards de francs Cfa).
abndiaye@lequotidien.sn

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