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Dr Cheikh Oumar Bâ, directeur exécutif Ipar.

Le changement climatique n’a pas que des conséquences négatives. Il peut être bénéfique dans certains cas. C’est ce que montre Ciwara, une étude réalisée par l’Initiative prospective agricole (Ipar) à Nioro sur la culture de l’arachide, du mil et du maïs. Ciwara² informe que la culture de l’arachide tirerait profit de ce phénomène ; ce qui n’est pas forcément le cas du mil et du maïs qui devront être modifiés pour faire face au changement climatique.

«L’arachide, telle qu’elle est cultivée aujourd’hui, n’est pas vulnérable au changement climatique et en tirerait presque toujours profit.» C’est la principale conclusion de l’étude Ciwara². Qui devait répondre à la question de savoir : Quelle est la sensibilité des systèmes de production actuels au changement climatique ? Dans cette même  veine, l’étude souligne que «le changement climatique aurait un impact positif sur les moyens de subsistance des agriculteurs de Nioro dans 4 des 5 cas simulés. L’exception serait dans le scénario chaud et sec». Pour le cas du maïs, «tel qu’il est cultivé aujourd’hui, il est très vulnérable au changement climatique et en souffrirait gravement» relève l’étude. Qui explique que «le mil, tel qu’il est cultivé aujourd’hui, est modérément vulnérable au changement climatique et pourrait soit en bénéficier soit en souffrir». Ayant obtenue des résultats sur la première interrogation, l’étude s’est penchée sur les avantages de l’adaptation ou d’une intervention dans les systèmes agricoles actuels. A cet effet, deux ensembles d’adaptation ont été réalisés sur chaque culture. Il s’agissait d’améliorer dans la gestion des cultures l’augmentation de la quantité d’engrais (30 kg d’engrais N) et des applications fractionnées (2 à 3 applications), mais aussi d’améliorer la population végétale (de 4 plants/m2 à 5,5 plants/m2) pour le premier paquet. S’agissant du 2ème paquet d’adaptation, une combinaison de gestion et d’adaptation génétique a été testée, ainsi que la gestion des cultures et les modifications génétiques. «Au moins, trois ménages de petits producteurs sur quatre sont des adopteurs potentiels d’un paquet d’engrais de base. Au maximum, 1 sur 10 adoptera un engrais composé plus une variété améliorée.» Ainsi, note Ciwara² : «Doubler les apports d’engrais aujourd’hui, en ajustant la densité des plantes, doublera les rendements céréaliers et pourrait tripler les rendements de maïs. Et accroître l’utilisation des engrais par les petits exploitants est aujourd’hui plus important que les variétés améliorées.»

Les systèmes de production agricole futurs
«Dans les systèmes de production de demain et les conditions socio-économiques, le changement climatique aurait un impact positif sur les moyens de subsistance des agriculteurs de Nioro dans tous les cas simulés. Dans ces systèmes et sous des niveaux d’intrants plus élevés, le maïs continue de souffrir du changement climatique. Pen­dant ce temps, le mil reste relativement peu affecté par celui-ci et pourrait soit en bénéficier soit en souffrir. L’arachide bénéficie presque toujours du changement climatique», lit-on dans ledit document.

Avantages de l’adaptation dans les systèmes agricoles
«Au moins, un  ménage de petits exploitants agricoles sur deux est susceptible d’adopter le paquet technologique proposé», informe l’étude. «Ce paquet comportait des améliorations génétiques sur le cultivateur de céréales et une fenêtre de plantations plus étroite combinée aux pratiques futures. Pour toutes les cultures céréalières (maïs et mil), il a été réduit de 10% le temps entre l’émergence et la fin du juvénile et allongé de 10% le temps photo-thermique de la floraison jusqu’à la maturité. Ce qui a amené à la conclusion suivante : Un cycle de vie végétal plus long est une adaptation suffisante pour éliminer les impacts négatifs du changement climatique sur le maïs et le mil qui présentent alors toujours des augmentations de rendement par rapport à aujourd’hui. Au contraire, un cycle de vie plus long de la culture de l’arachide réduit systématiquement les rendements et ne peut pas être recommandé comme une adaptation valable.»

 mgaye@lequotidien.sn

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