Attrait hier à la barre pour les délits présumés de viol sur une mineure de moins de 13 ans et de pédophilie, Assane Abdoulaye Dieng risque 10 ans d’emprisonnement ferme. Il sera fixé sur son sort vendredi prochain.

Le prévenu Assane Abdoulaye Dieng risque 10 ans de prison ferme. Accusé de viol sur une mineure de moins de 13 ans et de pédophilie, il a été attrait hier à la barre du Tribunal des flagrants délits pour répondre de ces actes. La présumée victime, F.S., âgée de 11 ans, a fait face à son présumé bourreau dans une salle archicomble. Le box des accusés a fait aussi le plein à l’image des autres jours depuis la reprise des audiences après la suspension provoquée par les élections législatives. Accompa­gnée de sa grand-mère, la petite F. S. avance à petit pas vers la barre après l’appel de son dossier par le Tribunal. Habillée d’une robe de couleur jaune, l’élève en classe de Cm1 avait la peur au ventre. Aux questions du président, elle répondait par des gestes de la tête. Il a fallu les assurances du juge pour lui arracher des mots finalement pas trop audibles.
Dans son récit, elle s’est rendue chez la sœur de son présumé bourreau, Aïssatou Dieng, pour se faire tresser par celle-ci. Une occasion saisie par le prévenu pour l’inviter à le rejoindre dans sa chambre. Une fois à l’intérieur, Assane Abdoulaye Dieng lui a demandé de se déshabiller avant d’abuser d’elle. Accusation rejetée en bloc par le mis en cause. Ce, depuis l’enquête préliminaire. «Je n’ai jamais vu cette fille chez nous», dixit Assane Abdoulaye Dieng. Appelée à témoigner, la sœur du prévenu à disculper son frère en laissant entendre que la fille ne l’a jamais trouvée à la maison.
L’autre témoin, par ailleurs tante de la victime, a indiqué que c’est après avoir décelé des comportements bizarres chez F. S. qu’elle l‘a conduite au poste de santé pour consultation. Le certificat médical aurait attesté qu’elle a subi des abus sexuels multiples et antérieurs qui ont occasionné la perte de l’hymen. Sous le feu roulant des questions, elle a balancé le nom du sieur Dieng comme étant l’auteur. «Il y a eu pénétration. Une fille de 11 ans ne saurait consentir à des actes sexuels. Il y a eu absence totale de consentement. C’est une fille vulnérable par rapport à son âge. Mais aussi par rapport à la situation familiale avec la séparation de ses parents», fulmine le procureur. Pour lui, les faits sont établis.
Le Parquet a requis 10 ans de prison ferme. A peine le réquisitoire prononcé, des cris et des pleurs des proches de Assane Abdoulaye Dieng ont fusé dans la salle. Après leur évacuation, la défense a pris la parole pour la poursuite des débats. «A l’enquête, elle avait indexé Junior, fils de sa tante, avec qui elle habitait dans la même maison. Les gendarmes se sont basés simplement sur les déclarations de la fille. Il y a absence de preuves pour rentrer en voie de condamnation», avance l’avocat. Il a plaidé la relaxe pure et simple de son client qui sera fixé sur son sort vendredi prochain.
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