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Une première dans la circonscription éducative de Vélingara : des grands-mères se cotisent pour trouver des uniformes à l’ensemble des élèves de l’école élémentaire de leur village.

L’inspecteur de l’éducation et de la formation de Vélingara, Amadou Lamine Wade, a eu le bonheur hier lundi, de recevoir des mains des grands-mères du village de Némataba, un lot de 130 blouses destinées à l’ensemble des filles et garçons qui fréquentent l’école élémentaire de la localité. Une première dans la circonscription éducative de Vélingara. Jamais, auparavant, une initiative communautaire est orientée dans l’habillement d’élèves, surtout quand il s’agit d’élèves de l’élémentaire du secteur public. Aussi l’Inspecteur Wade a-t-il eu cette belle formule à l’endroit de ces vieilles donatrices. Il a dit : «Vous êtes des sociologues de l’éducation. Vous avez compris la place psychosociale de l’uniforme à l’école, du fait qu’elle participe à égaliser les conditions sociales, à décomplexer les plus démunis.» Le patron de l’éducation à Vélingara a invité les élèves à prendre bien soin de ces uniformes, à les entretenir, d’éviter de les déchirer pour mériter davantage de leurs parents qui sont «les premières grands-mères du Sénégal, en ce sens qu’elles ne sont pas riches, elles n’ont que leur amour pour les enfants et pour l’école et leur engagement à participer au développement de la communauté».
Comment ces vieilles femmes, souvent confinées à des tâches de baby-sitting, en sont-elles arrivées à avoir cette idée ? Mariama Kandé, facilitatrice de l’Ong Grandmother project (Gmp-changement par la culture), raconte : «C’est à la suite de 4 sessions de formation que 10 femmes leaders de la localité ont reçu une formation en leadership, en renforcement de la confiance en soi, en solidarité, en communication, en changement psychique et physique de la jeune fille. Ces femmes ont décidé de s’investir dans une action communautaire en manifestant de la solidarité entre elles, mais aussi en se montrant solidaires à la communauté. Elles n’ont pas eu de la peine à convaincre leurs pairs de toute la communauté à participer à l’achat de ces uniformes.» Pourquoi le choix de faire des uniformes. Fatou Cissé, grand-mère leader : «Nous avons d’abord pensé à acheter des fournitures scolaires qui est un casse-tête des parents en début d’année. Mais comme cette contrainte semble être derrière nous maintenant, nous avons pensé à uniformiser l’habillement à l’école pour mettre à l’aise tout le monde, pour que les plus démunis se sentent bien dans leur peau à l’école et suivent correctement les cours, sans complexe aucune.»
A rappeler que l’école élémentaire de Némataba compte 5 cours pour 127 élèves, soit une moyenne de 26 élèves par classe.
akamara@lequotidien.sn

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