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La Tunisie, pays invité d’honneur de la Biennale de Dakar, exposera sur le thème «Tenir la route». Une manière pour les artistes de ce pays de défendre les libertés, notamment celles de création. La délégation tunisienne, en visite au Sénégal, l’a expliqué hier.

Parmi les pays invités d’honneur de la 13e édition de la Biennale de Dakar (Dak’Art) figure la Tunisie. Ainsi, le bureau de la Biennale a reçu hier la délégation de ce pays qui a profité de sa visite de prospection sur les lieux pour rencontrer les médias locaux. Selon les membres de la délégation, le concept de leur exposition répond au celui de la Biennale qui est de mettre l’accent sur les mutations des sociétés. Cela, notamment à travers la culture des pays, et mettre en exergue la dynamique que vivent les pays africains dans leurs mutations démocratiques, leurs révolutions économiques.
Il s’agira aussi pour les artistes tunisiens de montrer la part des artistes dans ce mouvement d’autonomisation et de maturité qui embrase le pays. «Nous sommes heureux de voir que deux pays comme la Tunisie et le Rwanda qui sont en train de vivre intensément cette situation soient les invités d’honneur», s’est félicitée la commissaire de l’exposition du pavillon de ce pays du Maghreb, Rachida Triki.
Mme Triki a indiqué qu’il y a 7ans «que nous avons vécu une sorte de révolution qui est réelle au niveau social et politique. Et la chaîne artistique a été touchée par le phénomène. Aussi, nous sommes toujours en plein débat sur la constitution, le sens de l’orientation que la Tunisie doit mener par rapport à la fois à sa place dans le monde, aux problèmes qu’elle rencontre dans cette nouvelle mutation…» Toutes choses qui font que Mme Triki et les membres de sa délégation ont pensé à un concept qui serait de savoir comment tenir la route dans ce monde. C’est pourquoi leur exposition s’intitule «Tenir la route».
«Nos artistes contemporains sont des créateurs, mais en même temps ils sont actuellement dans une prise de conscience citoyenne très forte. Donc, ils participent en quelque sorte à ce processus d’essayer malgré toutes les formes de contre révolution de tenir la route, c’est-à-dire de mener à bien cette mutation démocratique et de défendre les libertés, notamment celles de création», explique celle qui a été commissaire dans plusieurs expositions. Elle informe d’emblée que leurs artistes ont récupéré, après la Révolution de 2011, l’espace public et se sont mis à penser à leur propre statut. Lequel est en train d’être travaillé par leur ministre de la Culture et leur association.
En ce qui concerne le pavillon de la Tunisie lors de la Biennale, 15 artistes ont été choisis et la parité a été respectée. Parmi ces artistes, une seule a eu à participer à la Biennale de Dakar, mais c’était en «off». Pour le programme, la délégation promet des œuvres engagées et critiques qui mettent en avant des formes de résistance et tirent la sonnette d’alarme, non sans compter des installations. Tout ceci sera accompagné d’une variété de matériaux. Il s’agit de supports, de la peinture, de la gravure, de la photo etc. «Vous aurez une vision de la pratique artistique contemporaine en Tunisie. Ce sera une sorte de miroir de ce qui se passe sur la chaîne artistique actuellement», a vanté la délégation tunisienne qui se félicite du fait d’avoir été désigné pays invité d’honneur. «Nous pensons que la Biennale est quelque chose de très important pour nos artistes. Elle constitue un espace non seulement de rencontre, mais de visibilité pour leurs créations», saluent-ils.
mfkebe@lequotidien.sn

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