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La nuit est tombée sur Dakar. La devanture de la prison de Rebeuss grouille de monde. La nouvelle de la libération de Khalifa Ababacar Sall, Mbaye Touré et Yaya Bodian a fini de faire le tour du monde. Devant la porte principale de la Maison d’arrêt et de correction située sur la corniche, la foule grossit au fil du temps. Hommes et femmes de tous âges veulent être témoins de ce grand moment tant attendu par les partisans de Khalifa Sall. La tension est électrique. «C’est quoi ça ? Mais ce n’est pas vrai ça. Il a failli me bousculer. Mais c’est quoi ça ? Je suis un avocat constitué dans ce dossier depuis le début. Jusqu’à présent, j’ai été calme et courtois. Mais il ne faut pas exagérer quand même. Depuis le début, je suis resté tranquille», grogne Me Ousseynou Fall face à des gardes pénitentiaires préposées à la sécurité. Arrive ensuite un élément en civil pour calmer les ardeurs. La patience est gérée par des cris de «victoire» comme «Khalifa dirigez ! Khalifa dirigez !». En quelques minutes, Rebeuss perd son calme habituel.
Lorsque la portière principale de Rebeuss s’ouvrit, l’ambiance prend un cran. La voiture conduite par l’avocat Me Demba Ciré Bathily sort de la prison. A l’intérieur, on aperçoit Khalifa Sall tout de blanc vêtu. Son sourire légendaire ne le quitte pas. De gauche à droite, il distribue des salutations aux souteneurs avec des signes de la main. Les Forces de l’ordre en nombre insuffisant sont débordées. Pour frayer un passage au véhicule de l’ex-maire de Dakar, des bombes lacrymogènes sont jetées sans l’effet escompté. Les gens s’éloignent avant de revenir comme des forcenés. La parade en direction de la maison de la mère de Khalifa Sall, sise aux Parcelles Assainies, est applaudie sur tout le long du convoi. Comme dépassé par l’accueil triomphal qui lui a été réservé, Khalifa Sall avait parfois la main à la bouche. La soixantaine sonnée, une vieille dame habillée en jaune, chapelet à la main, était noyée dans la marée humaine. Pas de chance pour elle de serrer la main de l’ex-détenu sous bonne escorte de la police et de ses gardes rapprochées qu’il vient de retrouver. «Très digne dans l’épreuve», dira un homme dans la foule. De Rebeuss aux Parcelles Assainies, en passant par Massalikoul Jinane où Khalifa Sall a été accueilli par Mbackiyou Faye et une foule compacte, le cortège avançait à pas de caméléon. La nuit fut longue pour célébrer la «victoire».

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