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Le Sénégal est sur la bonne voie en matière de gouvernance routière par rapport aux autres pays de l’Uemoa. Les résultats des rapports de l’Observatoire des pratiques anormales (Opa) sur les tracasseries routières sont positifs pour le pays, contrairement au Mali où les tracasseries persistent.

Comme si elles étaient institutionnalisées. Les irrégularités sur les axes routiers inter-Etats dans le cadre du transport des personnes et des biens persistent en Afrique de l’Ouest. Selon les résultats de l’étude menée par l’Observatoire des pratiques anormales (Opa), trois indicateurs renseignent sur la persistance du phénomène. Il s’agit des pertes de temps sur les routes, les perceptions illicites et le nombre élevé de postes de contrôle qui constitue une entrave à la compétitivité économique des pays de l’Union économique et monétaire ouest- africaine (Uemoa).
Ces résultats partagés hier portent sur les 25e, 26e et 27e rapports soit respectivement de 2015, 2016 et du premier trimestre de 2017.
En 2016, le Mali a été retenu comme le pays où il est noté plus de postes de contrôle avec 4 postes au 100 km, alors que le Sénégal et le Bénin sont à moins de deux postes de contrôle au 100 km. Au premier trimestre de 2017, le Burkina Faso vient en tête avec 6 postes de contrôle, suivi du Mali avec 5 postes, là où le Sénégal en est à deux postes.
Concernant les perceptions illicites qui constituent le 2e indicateur, le Mali revient en tête suivi de la Côte d’Ivoire et du Burkina. «Le corridor le moins couteux est Dakar-Bamako», a soutenu Mbaye Chimère Ndiaye, qui présentait les rapports. «Au niveau des frontières, un chauffeur est contraint de débourser en moyenne 17 mille 637 franc en 2016 et au premier trimestre de 2017, 21 mille 600 f en moyenne, soit une hausse d’environ 23% de prélèvement illicite au niveau des frontières», déplore-t-il. Pour le premier trimestre de 2017, indique-t-il, «une importante hausse des perceptions illicites est notée avec une moyenne de 26 mille 662 francs Cfa».
La perte de temps, 3e indicateur, touche plus le Mali suivi du Niger et du Burkina avec 75 à 120 minutes de temps perdu. Cet indicateur est moins important au Sénégal et au Togo en 2016. «Un chauffeur disposant d’un camion en règle est contrôlé en moyenne 20 fois par voyage, soit 7 fois plus que la norme communautaire, soit deux postes de contrôle sur 100 km», a dit Chimère Ndiaye, superviseur de l’Opa.
Les défis sécuritaires, notamment les actes de terrorisme, le grand banditisme, entre autres, expliquent ces tracasseries routières.
Selon l’adjoint au directeur des Transports routiers, les résultats relativement positifs pour le Sénégal par rapport aux autres pays restent à améliorer compte tenu des normes communautaires qui limitent à trois, le nombre de postes de contrôle routier tout le long des corridors. «Ils sont moins bons par rapport à 2015. Les tracasseries ont été réduites en maximum en 2015, mais on a noté une reprise en 2017», a commenté Modou Kane Diaw.
ksonko@lequotidien.sn

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