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Le juge des flagrants délits a condamné hier le sieur Cheikh Abdel Kalifa Karaboué à 4 ans de prison ferme pour les délits d’acte contre-nature et viol. Il a réfuté les faits mais il doit payer à la victime, Seydou Coulibaly, la somme de 2 millions de franc Cfa.

«Est-ce qu’il ne lui a pas transmis le Sida», s’est demandé l’avocat de Seydou Coulibaly, victime d’acte contre-nature. Les larmes du garçon de 23 ans ont coulé à la barre des flagrants délits du Tribunal de grande instance de Dakar. Il est employé au restaurant Oboutou, sis à Ngor comme plongeur. En effet, la partie civile a accusé son chef cuisinier d’avoir abusé sexuellement de lui. Mais comment ? La nuit des faits, confesse-t-il, le prévenu lui a servi un plat accompagné de boisson. Il poursuit que les instants qui ont suivi, il a commencé à perdre conscience. Direction la chambre à coucher. Selon toujours Seydou, le mis en cause, qui a d’abord procédé à des attouchements, a profité de son état de faiblesse pour lui monter dessus. Et c’est au petit matin que le plaignant constate qu’il a été pénétré. Il a avancé que sur le lit, il a remarqué des taches blanchâtres.
Alors se tordant de douleurs, il s’en est ouvert à sa tante qui lui avait recommandé d’aller travailler dans le restaurant où les faits se sont produits. Une visite lui a été faite à l’hôpital. Le certificat médical versé au dossier parle de déchirure de l’anus. «Ce jour-là, je n’ai pas donné à manger, ni à boire. On a dormi sur la même couchette. Je dormais avec quelqu’un d’autre qui a été licencié. Certes on était que deux cette nuit-là mais rien ne s’est passé entre nous», a soutenu mordicus le prévenu de nationalité ivoirienne, Cheikh Abdel Kalifa Karaboué. Mais pour le procureur, «l’acte de pénétration est constant. Ça ne se discute pas. Avant ce jour, il n’a nullement été constaté que Karaboué passait ses nuits là-bas». Pour le représentant du ministère public, «il a été constaté du sperme sur le lit. Donc la conviction est déjà faite, il n’y a pas de doute possible. Il n’y a qu’une seule personne qui l’a pénétré et c’est bien lui. Il y a eu contrainte». D’après lui, si l’acte de viol est retenu, l’infraction acte contre-nature doit également être retenue. Après avoir rappelé que notre société n’admet pas cette pratique, il a requis une peine 5 ans d’emprisonnement ferme.
Abondant dans le même sens, le conseiller de la victime a estimé qu’il y a eu acte contre-nature et viol malgré les «dénégations» du prévenu, donc les faits sont constants. «Il a commencé à choyer mon client en lui faisant des cadeaux. Ce qui s’est passé est horrible, c’est désolant, c’est sale. Pour quelqu’un qui est venu au pays de la Téranga, on lui offre tout, voilà ce qu’il fait. L’acte contre-nature est établi, le viol aussi parce qu’il l’a contraint. Ce monsieur est un habitué des faits, il aime les anus», a dénoncé Me Ndofène Diouf. Et Me Diouf d’ajouter : «Ce garçon est traumatisé pour la vie même si on lui colle un psychologue qui le surveille. Les gens comme Karaboué ne méritent pas de place dans notre société. Il mérite une sanction exemplaire.» Il conclut que les faits sont constants et demande la somme de 5 millions de francs Cfa à titre de réparation. Finalement le juge a éloigné davantage Cheikh Abdel Kalifa Karaboué loin des siens en le condamnant à 4 ans de prison ferme et à 2 millions de francs Cfa à payer à la partie civile.
msakine@lequotidien.sn

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