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Le Sénégal gère sa dette de façon prudente. A l’issue d’une mission au Sénégal dans le cadre de l’Instrument de soutien à la politique économique (Ispe), le chef de mission du Fonds monétaire international (Fmi), Michel Lazare, a salué la prudence des autorités sénégalaises qui ont remplacé «une dette coûteuse par une plus longue et moins coûteuse». «La dette est gérée de façon active par le gouvernement. Le remboursement anticipé de 40% de l’Eurobond de 2011 avec les recettes de l’Eurobond de 2018 permet d’abaisser le coût de la dette. On rembourse en partie un Eurobond qui était coûteux avec une maturité plus faible que l’Eurobond de 2018 et on en fait une gestion active», estime M. Lazare qui a fait face à la presse hier, à l’issue de sa mission. Il constate ainsi qu’avec cette opération, le Sénégal a pu obtenir «une baisse sensible de la trajectoire du ratio dette/Produit intérieur brut (Pib) en raison de modification de l’année de référence du Pib, ce qui devrait ramener la dette de l’Administration centrale à moins de 50% du Pib fin 2017». En plus, le chef de mission du Fmi note «un lissage notable du service de la dette après le rachat de 40% de la dette de l’Eurobond 2011 au moyen du produit de l’Eurobond 2018». Selon M. Lazare, le remboursement en partie de l’Eurobond de 2011 permet d’écrêter le service de la dette de 2021 et d’avoir moins à rembourser en capital en 2021, évitant ainsi une espèce de pic du service de la dette à cette date. En définitive, «le Sénégal fait attention à sa dette», conclut M. Lazare.
Si la croissance a été vigoureuse en 2017, le Fmi alerte sur les risques liés à la hausse du prix du pétrole. «La situation en 2018 est affectée en partie par l’écart entre l’augmentation des prix de l’énergie importée et le maintien du prix de détail de l’énergie, ce qui a des conséquences négatives sur le budget», estime M. Lazare. En effet, il constate une augmentation du déficit du compte courant de la balance de paiements en raison de la hausse des prix mondiaux des produits de base. «Il est nécessaire de prendre un certain nombre de mesures d’économie, et avec le gouvernement nous nous sommes mis d’accord sur une liste de mesures, en dépenses et en recettes, et le gouvernement s’est fermement engagé à respecter un déficit de 3,5% du Pib en 2018», précise-t-il. «Ce que j’observe, c’est qu’à l’heure actuelle, il y a une forte augmentation de la croissance, plus de 6% depuis plusieurs années maintenant, ce qui est un signe extrêmement positif qui montre que la politique du gouvernement commence à avoir des effets positifs et on a aussi une inflation très limitée de 1,3%», indique M. Lazare qui prédit une réponse plus efficace aux problèmes de pauvreté. «Plus longtemps on maintiendra une croissance forte, plus la possibilité d’apporter des réponses aux problèmes de pauvreté sera importante», souligne M. Lazare.
Autre mise en garde du Fmi, la masse salariale qui n’est toujours pas maîtrisée. Et les récents mouvements d’humeur dans les secteurs de la santé et de l’éducation ne vont pas arranger les choses. Aussi, un ensemble de mesures ont été retenues pour augmenter les recettes et réduire la pression des dépenses. Il s’agit d’accélérer les réformes de la politique fiscale et de l’administration des recettes, de la maîtrise des dépenses d’investissement non prioritaires et de contenir les dépenses courantes.
Cette 6e revue de l’Ispe devrait se conclure en juillet prochain devant le Conseil d’administration du Fmi.
mamewoury@lequotidien.sn

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