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Avant son inhumation à Ngueniene, Ousmane Tanor Dieng a reçu hier le dernier hommage de la Nation sénégalaise à l’Aéroport international Blaise Diagne de Diass.

Sa dépouille est enveloppée du drapeau de la République sénégalaise qu’il a tant servie. Porté par 6 soldats, le corps de Ousmane Tanor Dieng passe devant l’assistance dans une ambiance de chagrin. Le pas lourd sur le tarmac de l’Aéroport international Blaise Diagne de Diass, ils se dirigent vers les Présidents Macky Sall et Ibrahim Boubacar Keïta, accompagnés par les notes mélodieuses de la musique principale des Forces armées. Debout, le public, regard empreint d’émotion, salue la mémoire du président du Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct), décédé lundi à Paris.
Les hymnes nationaux du Mali et du Sénégal retentissent. Une dame, proche du défunt, étouffe un cri. D’autres émotifs cachent leurs yeux derrière leurs mouchoirs. La mélancolie fait son apparition dans les mines. Un véritable hommage national digne du rang de Ousmane Tanor Dieng. Malgré la température chaude et sèche qui dicte sa loi sur l’aéroport, toutes les couches de la société se sont mobilisées. La mobilisation des Forces de défense et de sécurité également illustre la dimension du défunt.
A travers un emplacement discipliné sur le tarmac de la plateforme aéroportuaire, les haies d’honneur donnent un cachet solennel à la cérémonie. Tenu par des éléments de la garde républicaine, le drapeau du Sénégal flotte dans le ciel dégagé de Diass. La musique principale des Forces armées propage un air de deuil dans l’atmosphère. Pendant ce temps, le soleil dessèche les corps, le vent sec rend pénible la respiration. Diplomates, chefs religieux et coutumiers, politiques, artistes… Le défunt Secrétaire général du Parti socialiste a même pu réunir dans une même pièce Macky Sall et Idrissa Seck. Deux «ennemis» libéraux.

«Une formidable leçon de déontologie pour tout agent public…»
Tout ce beau monde est réuni dans la tristesse et la douleur pour accompagner Ousmane Tanor Dieng vers sa dernière demeure. «Nous venons de perdre un homme d’une dimension exceptionnelle», a d’abord regretté Macky Sall, président de la République. La dépouille devant ses yeux, le chef de l’Etat a couvert d’éloges la désormais ex 4ème personnalité de l’Etat. «Notre pays vient de perdre un de ses plus illustres fils, un serviteur infatigable de l’Etat qui ignorait congés et jour de repos, un homme politique de première classe, auréolé de vertus cardinales, aux analyses lucides, au verbe mesuré et à la plume raffinée», a-t-il témoigné.
Avant d’ajouter : «Rompu aux plus hautes servitudes de la République, travailleur et méthodique sobre et discret, Tanor avait de la tenue et de la retenue parce qu’il était conscient des règles d’éthique et de la gravité des charges qui incombent les serviteurs de l’Etat et de la République. Du début à la fin, sa carrière administrative résonne aujourd’hui comme une formidable leçon de déontologie pour tout agent public soucieux du bien commun.»
D’après le Président Sall, Tanor était aussi un homme politique de «grande valeur avec sa grande courtoisie, sa sérénité de tous les instants et sa dignité jamais prise à défaut dans le pouvoir comme dans l’opposition. Tanor avait une haute idée de la politique et de l’adversité politique». Un républicain hors norme, dira-t-il saluant le sens du compromis qui animait le disparu. «Tanor est un partenaire ouvert, fiable et honnête.» Raison pour laquelle, le Pré­sident regrettera : «Je perds un allié fidèle et loyal, un conseiller avisé de l’ombre. Président Ousmane Tanor Dieng, tu vivras toujours dans nos cœurs. Nous ne t’oublierons jamais.»
Pour toutes ces vertus précitées, le président de la République a décidé de baptiser une des sphères ministérielles de Diamniadio du nom de Ousmane Tanor Dieng «pour que chaque jour qui se lève, offre ton souvenir lumineux comme viatique pour les générations actuelles et futures». Egalement, M. Dieng a été élevé à titre posthume au grade de Grand officier de l’Ordre national du lion. Le chef de l’Etat de conclure : «Pour nous, ton œuvre sera une belle leçon de vie. Que la terre de Ngueniene te soit légère. Adieu fidèle et loyal compagnon ! Repose en paix pour l’éternité !»
bgdiop@lequotidien.sn

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