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Mbaye Diop, le directeur des Droits humains au ministère de la Justice, n’a pas bien apprécié le débat sur le retrait des enfants de la rue. «La mendicité est un phénomène transversal que nous connaissons dans la sous-région. Tous les enfants de la rue ne sont pas des talibés. Il faut faire la différence entre les enfants de la rue et les talibés. Il y a beaucoup d’amalgame», a-t-il dit pour marquer la différence entre les enfants exploités par des personnes mues que par leurs intérêts crypto-personnels et les enfants en quête de savoir. Le directeur des Droits humains a déclaré que «la dernière mise à jour fait état de 5000 enfants retirés de la rue. Comment contribuer au maintien des enfants chez eux, c’est la question essentielle. L’Etat a pris ses responsabilités. Il y a eu des polémiques. Personne n’est contre la religion. Nous sommes tous d’une religion. Il se trouve que ces enfants sont les nôtres. Personne n’a le droit de les laisser dans la précarité. Si on les laisse à eux-mêmes ils vont causer un problème de sécurité plus tard. L’Etat est résolument engagé à travailler avec tout le monde pour régler ce problème».
D’après Andréa Ori, le représentant régional du Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme (Hcdh), «le nombre d’enfants exploités au Sénégal est estimé à 100 mille par des soi-disant maîtres coraniques».
Ces propos ont été tenus en marge de la cérémonie de remise de don de kits et matériels sanitaires aux structures d’accueil et de protection des enfants victimes de violation de leurs droits. D’une valeur de près de 10 millions Cfa, ce don est composé de produits d’hygiène et d’entretien (eau de javel, savon, gel hydro-alcoolique), de matériels de couchage (matelas, draps, moustiquaire, nattes) et de kits de dignité (sacs de voyage, brosse à dents, vêtements…) pour les enfants accueillis dans les structures d’accueil. Ces dernières sont au nombre de 5. Il s’agit de la Maison rose de Guédiawaye, du Centre sauvegarde de Ziguinchor, de Enda jeunesse action, de la Maison de la gare de Saint-Louis et du Conseil départemental de protection de l’enfance de Guinguinéo. Cet appui permettra de soutenir la réintégration familiale de près de 200 enfants mais aussi la prise en charge des centaines d’enfants accueillis dans les structures de protection.
Il faut préciser que cette remise de don entre dans le cadre de la mise en œuvre du Projet d’appui à la protection des enfants victimes de la violation de leurs droits (Papev). Qui est une initiative du Hcdh, mise en œuvre avec l’appui de la Cedeao, à travers son Centre opérationnel en charge du genre et le soutien financier de l’Agence italienne pour la coopération au développement. Ce projet se distingue singulièrement, par l’adoption d’une approche sous régionale harmonisée et intégrée autour des initiatives visant l’exploitation et la maltraitance des enfants, en réunissant au moins six pays de la sous-région ouest-africaine, à savoir, la Guinée, la Gambie, la Guinée- Bissau, le Sénégal, le Mali et le Niger, grâce à l’appui financier de l’Agence italienne pour la coopération au développement.

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