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Samba Dialimpa Badji.

Le rédacteur en chef d’Africa Check, Samba Dialimpa Badji, qui intervenait jeudi sur la propagation massive des fake news à l’occasion de la Conférence d’excellence des médias d’Afrique de l’Ouest qui se tient à Accra, au Ghana, a décliné quel­ques critères d’identification de fake news ou fausses nouvelles.

Les fake news ou fausses nouvelles sont considérées comme étant «des informations délibérément fausses, diffusées dans le but de manipuler et de tromper un public cible». Mais comment les identifier ? Intervenant jeudi, lors de la 3e édition de la Conférence d’excellence des médias d’Afrique de l’Ouest, organisée par la Fondation des médias pour l’Afrique de l’Ouest (Wfwa) à Accra, au Ghana, Samba Dialimpa Badji a indiqué quelques pistes. «Nous partons sur un certain nombre de critères qui peuvent alerter. Par exemple, quand on voit une information circuler sur les réseaux sociaux sans être sourcée, on se pose des questions de savoir quelle est l’origine de cette information. Le travail de vérification peut déjà commencer en essayant de trouver l’origine», enseigne le rédacteur en chef d’Africa Check, 1ère organisation indépendante spécialisée dans la vérification des informations diffusées en Afrique. «Ce qui peut aussi attirer l’attention de quelqu’un qui fait du fact-checking, c’est quand il se passe des évènements dramatiques, violents, on voit sur les réseaux sociaux tellement de partages de contenus que finalement on ne sait pas quelle est l’authenticité de ce contenu. Les superlatifs peuvent également attirer l’attention. Par exemple, les hommes politiques quand ils veulent vanter leurs réalisations, ils les qualifient de plus grandes, de premières…», précise le panéliste. Dans cette prolifération de fausses nouvelles, les bloggeurs sont souvent pointés du doigt. Mais, estime M. Badji, ils n’ont pas le monopole de la désinformation. La presse classique n’est pas en reste.
A ce propos, considère son co-panéliste Nesmon De Laure, «si un bloggeur commet une erreur, c’est par méconnaissance». Donc, recommande la journaliste bloggeuse ivoirienne, «au lieu de les sanctionner, les censurer, il faut les éduquer. L’éducation aux médias peut être une solution, car de toutes les manières, les réseaux sociaux existent déjà, les bloggeurs aussi, donc il faut faire avec. Leur présence n’est pas que nocive. Ils participent à la démocratie, en jouant un rôle de contrôle de la gouvernance. Les réseaux sociaux sont une opportunité pour la démocratie, un bon climat social. Aujour­d’hui, on n’a pas besoin de sortir dans la rue pour manifester son mécontentement face à la mal gouvernance. En s’exprimant sur les réseaux sociaux, on arrive à participer à la vie démocratique de notre pays».
Existe-t-il aujourd’hui, des moyens pour arrêter la diffusion de fausses nouvelles ?
Le rédacteur en chef d’Africa Check répond par la négative. «Je ne crois pas qu’aujourd’hui nous avons les moyens d’empêcher la publication de contenus faux ou vrais. On doit comprendre qu’on doit faire avec. Ce que nous devons faire, c’est de faire comprendre au public leur rôle, lui donner des outils pour qu’il puisse se prémunir et pouvoir éviter d’être manipulé. Et que les journalistes reviennent aux fondamentaux», suggère le panéliste.
Auparavant, le directeur exécutif de la Fondation des médias pour l’Afrique de l’Ouest a souligné que «la publication des fake news à des fins électorales ou autres représente certainement un danger qui menace la crédibilité des élections et la paix. Et la solution au phénomène ne se trouve pas et ne devrait être dans la répression de l’expression en ligne et du journalisme». Pour Sulemana Braimah, «la solution ne viendra que du dialogue, du partage d’idées et de bonnes pratiques basées sur les droits et autres formes de moyens juridiquement acceptables». Raison pour laquelle Wfwa a décidé cette année d’orienter les délibérations de la 3e édition sur le thème «Réseaux sociaux, fake news et élections en Afrique».

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