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(Envoyé spécial au Burkina Faso) – La journée d’hier au Fespaco était dédiée au Sénégal. Cette rencontre placée sous l’égide de Mme Awa Coulibaly Diallo, ambassadeur du Sénégal au Burkina Faso, a permis de lancer des appels à l’union et à l’unité de cœur et d’esprit pour faire avancer le cinéma dans notre pays. Cette rencontre s’est achevée par un déjeuner au jardin Noces de Caanan, en face de la mairie de Ouagadougou.

Parler d’une même voix et surtout s’unir pour réussir dans le milieu du cinéma. C’est la lecture que l’on peut faire de la journée sénégalaise, organisée hier au Fespaco. La communauté sénégalaise du 7e art, toutes générations confondues, s’est en effet retrouvée au stand du Sénégal dans le Marché international du cinéma africain (Mica) pour mettre l’accent sur la nécessité de s’unir. «Il faut être unis pour faire du cinéma. Les cinéastes sénégalais sont une fierté pour notre pays. Et c’est la première fois que moi j’assiste ici au Fespaco à une union cinématographique», a affirmé ému Moussa Touré, auteur de Bois d’Ebène, un docu-fiction en compétition officielle au Fespaco. Il a exhorté ses pairs à poursuivre dans cette voie qui conduira à la réussite. «Il faut qu’on continue et qu’on soit ensemble. Il faut qu’on soit unis non seulement ici au Fespaco, mais également chez nous au Sénégal», a plaidé le réalisateur devant ses pairs qui, visiblement, partagent la même vision. D’ailleurs son ami et «frère» William Mbaye, qui lui aussi présente Kemtiyu Seex Anta, un documentaire en compétition officielle, a également salué «l’esprit de cette rencontre sénégalo-sénégalaise», indiquant qu’il est «fier des jeunes qui constituent la relève et qui sont dans une bonne dynamique». Surtout que, ajoute-t-il, «les anciens ont longtemps cheminé seuls». «C’est une fierté de nous retrouver…», a insisté Ousmane William Mbaye.
Même son de cloche chez Abdou Lahad, qui a réalisé Tundu Wundu et qui salue le mérite de l’Etat sénégalais, qui commence à comprendre l’importance du cinéma en dotant  les acteurs d’un fonds : le Fopica.
Le doyen Ben Diogaye Beye embouchera la même trompette, à l’instar de Rémy Sagna, directeur de cabinet du ministre de la Culture et de la communication. «Cette rencontre témoigne de la vitalité du cinéma sénégalais», a dit M. Sagna qui salue «le militantisme et l’engagement» de Hugues Dias, le directeur de la Ciné­matographie, qui a su impulser cette nouvelle dynamique au 7e art sénégalais. «Je me réjouis du fait que nous soyons tous ensemble, malgré nos contradictions. C’est ainsi que nous allons porter haut le succès de notre cinéma», a-t-il dit.
Selon Hugues Dias, la dynamique qui a conduit à ces retrouvailles entre trois générations de cinéastes, a été commencée depuis 2013. «Après ma nomination et lors du Fespaco 2013, j’ai eu un cri de guerre : Nous ne ferons plus comme avant. J’ai alors voulu que les gens n’aillent plus en rang dispersé représenter le Sénégal. C’est ainsi que j’ai jeté les base d’une union sacrée autour de notre cinéma et autour des cinéastes sélectionnés», a expliqué M Dias. Il constate heureusement que «cela porte ses fruits».

Hugues Dias : «Le cinéma sénégalais ne sera fort que par l’unité»
Se prononçant sur le sens de cette initiative, le directeur de la Cinématographie précise que «c’est l’occasion pour les aînés de délivrer des messages aux jeunes qui viennent faire leur baptême de feu dans ce festival panafricain». «Cette initiative a permis à chacun de comprendre que le cinéma sénégalais ne sera fort que par l’unité. Tout le monde semble enfin comprendre que nous devons cesser de palabrer», a mentionné Hugues Dias. Il estime qu’«après l’effort réalisé par l’Etat et qui a abouti au Fopica, la balle aujourd’hui est dans le camp des professionnels… Le Fopica est en train de susciter un engouement dans le secteur du cinéma au Sénégal. Et nous verrons encore plus les résultats avec les formations».
C’est autour d’un déjeuner fraternel que les acteurs ont clôturé cette matinée sénégalaise à Ouagadougou. Moussa Touré, Ben Diogaye, Clarence Delgado, le jeune Cheikh Diallo, Ousmane William Mbaye, le Pr Gadjigo, Cheikh Ngaïdo Bâ et tous les membres de la délégation sénégalaise ont célébré ces moments de retrouvailles dans un esprit de téranga avec des frères et amis d’autres pays à l’instar du cinéaste malien Cheikh Oumar Sissokho ou encore le doyen Timité Bassori de la Côte d’Ivoire, par ailleurs doyen d’âge du cinéma africain.

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